FAO Journée mondiale de l'alimentation 2006 Journée mondiale de l'alimentation 2006
Journée mondiale de l'alimentation 2006
Journée mondiale de l'alimentation 2006
Accueil  Qu'est-ce que la JMA  Événements  Ressources  Liens 
Informations sur la JMA
Message du Directeur général
Contacts
Archives de la JMA
(1981-2005)

:: Journée mondiale de l'alimentation/TeleFood 2006 - Note d'information

Investir dans l’agriculture pour la sécurité alimentaire

Le monde entier y gagnera

LogoMême si l’agriculture est aujourd’hui un secteur économique secondaire dans de nombreux pays industrialisés, elle doit jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale si l’on veut que la faim ne soit plus qu’un mauvais souvenir.

Pourtant, l’aide extérieure à l’agriculture et au développement rural diminue depuis des décennies. En effet, elle est passée d’un total de plus de 9 milliards de dollars EU par an au début des années 80 à moins de 5 milliards de dollars EU à la fin des années 90. Parallèlement, selon les estimations, 854 millions de personnes continuent de souffrir de sous-alimentation dans le monde.

Seuls les investissements dans le secteur agricole – associés à un soutien à l’éducation et à la santé – permettront d’inverser la tendance.

La plupart des agriculteurs dans le monde sont de petits exploitants. En tant que groupe, ils constituent les principaux investisseurs du secteur agricole. Et pourtant, leur accès à l’alimentation est en règle générale insuffisant ou précaire. Lorsqu’ils sont en mesure de tirer des bénéfices de leur activité agricole, ils peuvent nourrir leur famille pendant toute l'année et réinvestir dans leur exploitation sous forme d’achat d’engrais, de semences de meilleure qualité et d’équipements de base.

Les petits producteurs sont confrontés à de nombreux obstacles indépendants de leur volonté: absence de crédit, précarité de la propriété foncière, mauvaise qualité des transports, faiblesse des prix et relations commerciales insuffisantes avec les agro-industries, sans mentionner les facteurs naturels que sont la sécheresse, les inondations, les ravageurs et les maladies.

Par agro-industries, on entend les entreprises locales, nationales ou internationales qui manipulent ou transforment les produits agricoles tout au long de la longue chaîne d’approvisionnement qui mène au consommateur. Généralement, ces entreprises investissent leurs propres capitaux dans le transport, la transformation et la vente en gros et au détail de produits de base comme le riz et le blé, de cultures à haute valeur ajoutée comme les légumes et de produits occupant des créneaux, comme les fleurs coupées. Les supermarchés sont en passe de devenir les principaux intervenants des chaînes d’approvisionnement alimentaire nationales et régionales, car ce sont eux qui définissent les catégories de produits et les normes et qui font fonctionner les chaînes d’approvisionnement transfrontalières.

Lorsque les chaînes d’approvisionnement fonctionnent bien et que, grâce à elles, le rendement du capital investi est équitable pour chaque intervenant, le premier maillon de la chaîne – soit l’agriculteur – gagne suffisamment pour nourrir sa famille et réinvestir son capital. De plus, les emplois créés par les nombreuses entreprises intervenant au niveau de la chaîne d’approvisionnement permettent à d’autres personnes de mener une vie digne de ce nom. En outre, il y a régression de la faim et amélioration de la qualité de vie.

Mais les agro-industries des pays en développement sont confrontées à plusieurs problèmes: mauvaise qualité des routes, des chemins de fer et des infrastructures de marché, absence de catégories de produits et de normes reconnues, faiblesse des structures juridiques permettant de faire respecter les contrats et difficulté à faire des affaires avec un nombre élevé de petits exploitants agricoles.

Dans le domaine du développement rural, un nouveau modèle de coopération entre les secteurs public et privé se fait jour. Ce modèle intègre de nouveaux moyens 1) de rapprocher les producteurs et les agro-industries, 2) d’établir des catégories de produits et des normes et de les faire respecter, 3) d’établir un environnement plus propice aux investissements dans le secteur de l’agriculture et 4) de fournir des biens publics de base comme les infrastructures rurales.

Les transformateurs et les négociants doivent faire face à un problème de taille, qui consiste, avant tout, à disposer de produits agricoles de qualité, en quantités suffisantes. Le secteur public peut jouer un rôle dans ce domaine en encourageant les coopératives et les mécanismes de sous-traitance de la production agricole, soit deux systèmes qui permettent de produire des cultures ou d’élever du bétail sur commande. Les coopératives jouent déjà un rôle important dans le secteur de l’agriculture. Le secteur public peut les aider grâce à des mesures de protection juridique, à la formation à la gestion d’entreprise et en encourageant le secteur privé à apporter son concours dans des domaines comme les informations relatives aux marchés et les techniques de production. De leur côté, les mécanismes de sous-traitance agro-industrielle connaissent un nouvel essor. Souvent, les entreprises fournissent une aide technique, du matériel et/ou des financements aux agriculteurs à l’échelle locale, afin de les aider à cultiver un produit spécifique que l’entreprise s’engage à acheter par la suite. Les mécanismes de sous-traitance peuvent créer des emplois à l’échelle locale et améliorer les revenus des agriculteurs.

Les gouvernements doivent promulguer et faire respecter des règlements qui créent un environnement sûr et fiable pour les investisseurs privés. Ainsi, en ce qui concerne les catégories de produit et les normes, les acheteurs et les vendeurs – aussi bien des pays développés que des pays en développement – exigent de plus en plus des denrées alimentaires de qualité supérieure produites conformément à des normes rigoureuses de taille, de couleur et de forme. Plus ces normes sont précises et connues, plus il est facile pour l’ensemble des intervenants du secteur de les respecter.

Toute personne ou entreprise disposant de fonds à investir, y compris les petits exploitants, doit décider de la forme que prendra son investissement. Si les rendements de l’investissement sont meilleurs dans un autre secteur (spéculation foncière, petit magasin en ville, etc.), les investisseurs se tourneront logiquement vers ce secteur.

Les politiques et les investissements publics peuvent créer un environnement propice aux investissements, c’est-à-dire caractérisé par différents facteurs : bonne gouvernance, administration publique transparente, discipline et stabilité macroéconomiques et stabilité politique. En revanche, les investissements et l’esprit d’entreprise sont surtout entravés par une fiscalité lourde associée à une administration inefficace ou corrompue de l’impôt. Lorsque les financements ruraux, le capital risque et la microfinance ne bénéficient d’aucun appui, les agro-industries sont alors privées des ressources dont elles ont besoin pour prospérer.

Le marché du travail, la sécurité des droits de propriété et la sécurité sanitaire des aliments relèvent des gouvernements et sont des facteurs incontournables dont tiennent compte les investisseurs potentiels, qu'ils soient nationaux ou internationaux. Si ces facteurs sont déficients ou s’ils ne sont ni bien définis ni équitables, les investisseurs perdront tout intérêt pour le secteur ou investiront dans des secteurs considérés comme moins risqués que l’agriculture.

Les investissements dans les infrastructures rurales, en particulier l’eau, les routes, l’électricité et les communications, jouent un rôle décisif de stimulation de la croissance agricole. Si les pays réussissent à réunir ces conditions, les bénéfices pour l’agriculture et les ménages pauvres des zones rurales peuvent être spectaculaires.

Dans de nombreuses régions des pays en développement, le secteur public a tardé à réagir aux évolutions dues à la mondialisation des marchés. Les investissements consacrés au renforcement de la capacité des gouvernements à aider les petits exploitants agricoles et à encourager l’investissement privé sont de l’argent bien placé.

PDFPDF

 Accueil|Activités des pays|Contacts: World-Food-Day@fao.org


Sites thématiques:
Carte de la faim de la FAO
Plateforme mondiale des donateurs pour le développement rural
Centre d'investissement de la FAO
Autres sources d'information:
Programme des Ambassadeurs de la FAO
TeleFood
Alliance internationale contre la faim
Nourrir les esprits, combattre la faim
Profils FAO de pays et système d'information cartographique
Centre mondial d'information agricole [Brochure]