Comment fertiliser autrement pour une bonne santé des sols? L’exemple du Sénégal
Plus des deux tiers des terres arables du Sénégal sont dégradés, sous l’effet notamment de l’érosion, de la salinisation et de déficits en éléments nutritifs. Cette note de dialogue de politiques publiques, publiée par l’Agence française de développement (AFD) en septembre 2025, examine les limites d’une stratégie de fertilité des sols principalement fondée sur les engrais minéraux. En 2024, près de 40 pour cent du budget consacré aux intrants agricoles, soit 40 milliards de francs CFA, était destiné aux engrais. Si ces apports contribuent à maintenir les nutriments et à soutenir les rendements, ils ne suffisent pas à restaurer les dimensions physique et biologique de la fertilité des sols.
Les auteurs proposent une approche intégrée associant fertilisation minérale et organique à des pratiques agroécologiques telles que les rotations avec des légumineuses, les cultures intercalaires, l’agroforesterie et la restitution des résidus de culture. Le Sénégal a déjà engagé une évolution dans cette direction: depuis 2021, une partie des subventions est réorientée vers les engrais organiques, tandis que les politiques nationales visent à réduire l’utilisation d’intrants de synthèse et à accroître les superficies conduites selon des approches agroécologiques.
La note souligne toutefois plusieurs obstacles, notamment l’accès limité à la matière organique, l’insécurité foncière, l’insuffisance du conseil agricole et l’absence de normes de qualité pour les engrais organiques. Elle recommande de renforcer le cadre réglementaire, les analyses de sols, la formation et l’appui-conseil, tout en favorisant l’intégration agriculture-élevage et l’agroforesterie.