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Embargo à Cuba : l’agroécologie pour éviter l’effondrement alimentaire

À Cuba, les exploitations du secteur non étatique produisent aujourd’hui plus de 80 % de l’offre alimentaire nationale avec environ 40 % des terres cultivées. Cette évolution intervient alors que le pays traverse une accumulation de contraintes : embargo américain, recul des approvisionnements énergétiques, difficultés économiques, forte dépendance aux importations alimentaires et baisse de la production agricole depuis 2017. Malgré la dégradation de l’accès à l’alimentation, certains indicateurs nutritionnels restent relativement stables, ce qui conduit les auteurs à examiner les mécanismes de résilience qui complètent désormais un système étatique d’approvisionnement fragilisé.

L’agroécologie constitue l’un de ces mécanismes. Déjà largement mobilisée pendant la « période spéciale » des années 1990, elle réapparaît aujourd’hui sous des formes plus décentralisées et hybrides. Les petites exploitations diversifiées associent bio-intrants produits localement et intrants importés lorsqu’ils sont disponibles, traction animale et mécanisation, récupération d’eau, énergies renouvelables, transformation alimentaire et circuits courts. Un savoir-faire scientifique ancien en microbiologie agricole et un réseau de biofabriques complètent ces innovations paysannes, bien que leur fonctionnement soit lui-même affecté par les pénuries.

L’analyse souligne néanmoins des limites, notamment l’émigration des jeunes actifs, les difficultés de transmission des savoir-faire et la reconnaissance encore insuffisante des innovations décentralisées. Le décret-loi 128/2025, entré en vigueur en septembre 2025, inscrit désormais l’agroécologie parmi les leviers stratégiques de souveraineté alimentaire, de préservation des écosystèmes et de santé publique à Cuba.

Year:2026
Country/ies: Cuba
Type: Article