Objectifs de développement durable

Une manifestation parallèle du CSA appelle à la communication de données plus nombreuses et de meilleure qualité pour évaluer les résultats des entreprises eu égard aux ODD

03/06/2021

En marge de la quarante-huitième session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), jeudi 3 juin, la FAO a été, avec Apeel, le Centre Columbia sur l’investissement durable et Unilever, l’hôte d’une manifestation consacrée aux données chiffrées qui permettent de saisir la contribution du secteur privé aux objectifs de développement durables (ODD) et à la transformation du système agroalimentaire.

La manifestation, qui a réuni plus de 120 participants, a permis de rassembler les points de vue de diverses parties prenantes et d’examiner de quelle manière l’évaluation des progrès obtenus était essentielle pour garantir des retombées des activités sur la transformation des systèmes alimentaires en faveur de la population et de la planète.

Les intervenants sont convenus qu’il restait encore beaucoup à faire pour combler les lacunes dans l’harmonisation et la communication des données sur la contribution du secteur privé aux ODD et ont déterminé des possibilités d’amélioration à ce sujet.

«De bonnes données sur les entreprises sont essentielles pour que les gouvernements nationaux participent à un dialogue ouvert et aux débats sur les politiques relatives aux enjeux de la durabilité», a déclaré Pietro Gennari, Statisticien en chef de la FAO.

Au nom du Centre Columbia sur l’investissement durable, Nora Mardirossian a souligné un manque de précision quant à la conduite durable des entreprises et à leur alignement sur les ODD. «Faute d’harmonisation, a-t-elle ajouté, les informations communiquées par les entreprises demeureront hétéroclites et d’importantes questions, activités et relations intéressant les ODD manqueront.»

Vanessa Maire (Unilever) a quant à elle souligné qu’il fallait encourager une culture de communication plus forte tout le long des filières. «L’information est une composante fondamentale de l’établissement de références, de la définition des objectifs et de la progression vers la réalisation des ODD», a-t-elle déclaré. Une normalisation plus large est également essentielle pour améliorer les rapports, car «les entreprises produisent des rapports en fonction de plusieurs normes et cadres qui ont intégré dans une certaine mesure les ODD, mais il n'existe pas un seul cadre qui puisse être suivi au niveau international comme une référence absolue et cela provoque une fragmentation des données entre plusieurs référentiels de  données tels que le Carbon Disclosure Project (Projet de divulgation des émissions carbone, CDP), le Dow Jones, la Global Reporting Initiative (Initiative mondiale sur les rapports de performance, GRI) et d'autres», a-t-elle ajouté.

«Aucun cadre normalisé ne permet aux entreprises de communiquer ou de partager directement des données à l’appui du suivi des progrès obtenus quant aux ODD et aucun cadre n’est intégré noir sur blanc dans les mécanismes existants de communication d’informations tels que la GRI, le Climate Disclosure Standards Board (Conseil des normes de divulgation d’informations sur le climat) ou le Sustainability Accounting Standards Board (Conseil des normes de comptabilité sur la durabilité)», a souligné Jessica Vieira (Apeel). «Dans le même temps, les entreprises ont accès à des données spécifiques et détaillées sur les filières dans lesquelles elles exercent leurs activités et ces données pourraient être utiles aux fins du suivi d’aspects spécifiques des ODD», a-t-elle ajouté.

«Le programme des ODD n’a pas été défini précisément dans les engagements particuliers et les actions attendues du secteur privé, ni dans un cadre de suivi unique sur lequel le secteur privé pourrait s’aligner», a déclaré Valérie Bizier (FAO). «Heureusement, de nombreuses initiatives sont actuellement menées afin de résoudre ce problème. Le prochain Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires contribuera notamment à déterminer ce que nous attendons du secteur privé en termes d’engagements et à dégager un consensus à ce sujet. Toutefois, s’agissant de la communication d’informations, de l’appréhension de la concrétisation de ces engagements et, par conséquent, de la contribution à la réalisation des ODD, nous devons être plus ambitieux et nous demander qui communique quoi et comment. En vue de proposer une divulgation harmonisée d’informations minimales [...], la FAO a élaboré une série d’indicateurs de base sur l’alimentation et l’agriculture pour évaluer la contribution du secteur privé aux ODD.»

Les intervenants se sont concentrés sur le rôle capital joué par les gouvernements, le secteur privé, les entreprises du secteur des technologies, les exploitants agricoles, les chercheurs et les acteurs chargés d’établir des normes, mais aussi la FAO, aux fins de l’amélioration de la collecte, de l’harmonisation et de l’exploitation des données du secteur privé relatives à la durabilité.

S’agissant de la responsabilisation du secteur privé, Vanessa Maire a souligné qu’un solide cadre des responsabilités fondé sur la science et une meilleure harmonisation entre le secteur privé et les stratégies nationales des gouvernements étaient nécessaires pour relever certains défis des ODD, tout comme le rôle joué par les plateformes de données en tant que solutions potentielles pour changer la donne.

«Il faut que le secteur privé puisse contribuer à des domaines particuliers sans être tenu de faire rapport sur toute une série de questions et qu’une réflexion soit menée sur les moyens d’assurer une gestion des données communiquées qui protège la confidentialité et encourage le secteur privé en donnant accès à des informations et perspectives agrégées», a insisté Jessica Vieira.

Les participants ont dit attendre avec intérêt la tenue prochaine du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, à New York en septembre, et du pré-Sommet, à Rome en juillet, qui, a souligné Valérie Bizier, «offrent une excellente occasion de renforcer l’engagement et la responsabilité du secteur privé en faveur de la transformation durable des systèmes agroalimentaires afin d’accélérer la réalisation des ODD».

Nora Mardirossian a clos la réunion et s’est félicitée des contributions des indicateurs de base de la FAO sur l’alimentation et l’agriculture et de la World Benchmarking Alliance (Alliance mondiale pour l’élaboration d’indices de référence). «Avec la FAO et d’autres acteurs, nous comptons faire en sorte que l’alignement des pratiques des entreprises sur les ODD et de la communication d’informations soient au cœur du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires. Avec d’autres entités de normalisation et initiatives portant sur la communication de données, nous examinons comment nous pouvons améliorer notre coordination pour stimuler l’alignement des pratiques du secteur alimentaire sur les ODD», a-t-elle indiqué.

 

Enregistrement vidéo de la manifestation

Liens utiles:

Indicateurs clés de l’alimentation et de l’agriculture pour mesurer la contribution du secteur privé à la réalisation des objectifs de développement durable (FAO, 2021): http://www.fao.org/fsnforum/fr/activities/discussions/SDGs_core_indicators

Rapports de synthèse sur les solutions qui changeront la donne: Https://www.un.org/en/food-systems-summit/documentation (en anglais)

Guide pratique sur l’intégration des ODD dans les rapports (Global Reporting Initiative, Pacte mondial des Nations Unies, 2018): https://www.unglobalcompact.org/library/5628 (en anglais)

Orientations sur les indicateurs de base relatifs à la communication d’informations par des entreprises concernant la contribution à l’accomplissement des objectifs de développement durable (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement [CNUCED], 2019): https://unctad.org/system/files/official-document/diae2019d1_en.pdf (en anglais)

Méthode relative à l’établissement de références dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture (World Benchmarking Alliance, 2021): https://assets.worldbenchmarkingalliance.org/app/uploads/2021/02/Food-and-Agriculture-Benchmark-methodology-report.pdf (en anglais)

 

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