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Agriculture de conservation

Kazakhstan

Les agriculteurs cessent de labourer dans la steppe du Kazakhstan
Le labour zéro, la couverture du sol et la rotation des cultures permettent aux producteurs de blé d’enrayer la dégradation des sols et d’accroître la production alimentaire

Le Kazakhstan est l’un des pays du monde où l’adoption de l’agriculture de conservation est la plus avancée. Avec le semis direct et le labour zéro, on obtient de meilleurs rendements du blé que sur les terres labourées, et ce pour des coûts de production inférieurs. Les rotations associant le blé à d’autres cultures permettent de générer des revenus supplémentaires et de laisser sur le sol des résidus qui contribuent à la conservation de l’humidité du sol et freinent la germination des semences d’adventices.

Dans les zones de labour zéro, la lutte contre les adventices est souvent assurée au moyen d’herbicides. Cependant, un grand nombre de producteurs ont constaté que l’association du labour zéro et du maintien d’une couverture permanente sur la surface du sol contribuait aussi à l’élimination des adventices. D’une part, quand la terre n’est pas travaillée, la réserve naturelle de semences d’adventices présentes dans le sol diminue au fil du temps et, d’autre part, la décomposition des résidus de culture libère des acides humiques qui bloquent la germination des semences. Le labour zéro suppose généralement l’emploi de davantage d’herbicides les premières années mais, après quatre ou cinq ans, l’incidence des adventices – comme l’utilisation d’herbicides – recule considérablement.

Dans le nord du Kazakhstan, le fait de conserver en place les résidus de récolte présente un autre avantage: accroître la quantité d’eau mise à la disposition du blé. Les précipitations annuelles s’échelonnent de 250 à 350 mm, dont quelque 40 pour cent sous la forme de neiges hivernales; quand la neige est emportée par le vent, la surface du sol reste nue et sèche. Les chaumes de la culture de blé précédente piègent la neige qui, quand les températures remontent, fond dans le sol. Ce résultat est intéressant à double titre: il y a davantage d’humidité disponible dans le profil du sol et l’érosion est réduite, voire entièrement évitée. Des recherches conduites sur les exploitations ont conclu que, associé au labour zéro, le recours aux résidus de culture pour piéger la neige pouvait entraîner une hausse des rendements de 58 pour cent.

S’agissant de l’adoption du troisième principe fondamental de l’agriculture de conservation, à savoir, des rotations culturales diversifiées qui contribueraient à améliorer la productivité des terres et aideraient les agriculteurs à combattre plus efficacement les ravageurs et les maladies du blé, les progrès ont été plus lents. Dans les steppes du Nord, la période de végétation estivale est brève et les années sèches très fréquentes.

Cependant, il y a de moins en moins de zones où l’on pratique la jachère d’été traditionnelle, car les producteurs profitent des précipitations – parfois abondantes – quand il y en a, pour cultiver de l’avoine, du tournesol et du colza. Des études ont montré l’intérêt potentiellement très élevé d’autres cultures adaptées aux rotations, notamment le pois fourrager, la lentille, le sarrasin et le lin. Il est ressorti d’une étude conduite sur 3 ans que le sorgho fourrager semé fin mai et récolté en août, non seulement fournissait du fourrage à vendre ou à ensiler, mais aussi laissait après la récolte des chaumes durables qui piégeaient très efficacement la précieuse neige hivernale.

Source: FAO. 2016. Produire plus avec moins en practique: Le maïs, le riz, le blé. Rome.