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Suivi du marché du riz de la FAO (SMR)

Le Suivi du marché du riz de la FAO (SMR) analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français. Le Rapport de mise à jour des prix du riz de la FAO fournit les cours mensuels du riz dans les principaux pays exportateurs.

Notez que les versions française et espagnole du résumé du Suivi du Marché du riz ne seront disponibles que dans quelques jours.


Suivi du marché du riz, Octobre 2014

RÉSUMÉ

La campagne 2014 de riz paddy est déjà bien avancée, les cultures principales de 2014 sont en cours de récolte dans les principaux pays producteurs de l'hémisphère Nord, tandis que les autres préparent déjà les champs pour les cultures secondaires de 2014. Depuis la publication de la précédente édition du SMR en juillet, les perspectives concernant la production mondiale de riz paddy se sont nettement détériorées, principalement du fait de conditions météorologiques capricieuses, notamment l'arrivée tardive des pluies ou des sécheresses persistantes, souvent suivies de pluies torrentielles et d’inondations. Ces facteurs, et la crainte d’une possible manifestation du phénomène climatique El Niño dans les prochains mois, même d’une faible intensité, ont conduit à une révision à la baisse des estimations concernant la production mondiale de riz en 2014, qui devrait atteindre 744,4 millions de tonnes (496,4 millions de tonnes, équivalent riz usiné), soit 6,5 millions de tonnes de moins que les estimations de juillet. Si les prévisions actuelles se confirment, la production mondiale de riz paddy serait légèrement inférieure (0,4 pour cent) à la production estimée pour 2013, soit une troisième année consécutive de croissance inférieure à la tendance à long terme.

Les résultats décevants de la campagne 2014 devraient être principalement liés à de mauvaises performances en Asie, où selon les dernières estimations, la production devrait chuter de près de 5 millions de tonnes, un recul de 0,7 pour cent. Si elle se confirme, cette contraction (bien que modeste) serait la première dans la région depuis 2009. Elle devrait être en grande partie imputable à une baisse de la production de 2,4 pour cent en Inde, provoquée par des conditions de mousson anormales. Des conditions météorologiques défavorables devraient également provoquer un recul de la production en Indonésie, au Cambodge, au Népal, au Pakistan, aux Philippines, au Sri Lanka et en Thaïlande. Pour ce qui est de la Thaïlande, le recul devrait également être lié à l’abolition, en février 2014, du programme de soutien aux producteurs de riz, qui leur garantissait des prix élevés depuis 2011. Bien que les conditions climatiques défavorables aient également entravé les cultures au Bangladesh et en Chine, les perspectives restent positives pour les deux pays, indiquant une croissance par rapport à l'année dernière. En outre, la production de riz pourrait croître au Viet Nam, sous l’effet de conditions de croissance favorables, malgré une légère réduction des superficies ensemencées, provoquée par la faiblesse des prix et l’action des pouvoirs publics. En Afrique, les prévisions concernant la campagne actuelle se sont également détériorées ces trois derniers mois, principalement sous l’effet de perspectives de récolte moins optimistes à Madagascar, mais également en Egypte et dans les pays d'Afrique occidentale. Selon les prévisions, la production de paddy dans la région devrait atteindre 27,6 millions de tonnes, soit à peine 1 pour cent de plus qu'en 2013, principalement grâce à la reprise de la production à Madagascar. Les perspectives de récolte restent positives dans les pays d'Afrique orientale, mais font état d’une stagnation de la production en Afrique de l'Ouest et du Nord, en raison de pluies tardives et mal réparties, et à une contraction des superficies ensemencées en Egypte. Les perspectives de récolte en Amérique latine et dans les Caraïbes ont également été revues à la baisse depuis la dernière édition du rapport, principalement en raison d’une détérioration des prévisions en Colombie, en Équateur et au Venezuela. La production totale de paddy dans la région devrait néanmoins croître d'un modeste 0,6 pour cent et s’établir à 28,3 millions de tonnes. La croissance de la production devrait être principalement le fait du Brésil, du Guyana et du Paraguay, où les gains de production devraient plus que compenser des reculs en Colombie, en Équateur, au Pérou, en Uruguay, au Venezuela et dans la partie centrale du continent, où de graves déficits hydriques ont fortement entravé les cultures. En Europe, la récolte de 2014 devrait enregistrer une progressions de 2,8 pour cent, qui porterait la production à 4,1 millions de tonnes, notamment grâce à une nette reprise dans la Fédération de Russie et à une légère hausse dans l'UE. En Amérique du Nord, la révision à la baisse des semis aux États-Unis a limité la hausse prévue de la production dans le pays, qui devrait néanmoins atteindre 9,9 millions de tonnes, soit une croissance de 15 pour cent par rapport à 2013. En Océanie, malgré une récente révision à la hausse, les récoltes effectuées en Australie au premier trimestre de l'année indiquent un recul de 28 pour cent par rapport à l'excellent résultat de 2013, en raison d’une pénurie d'eau pour l'irrigation qui a limité les semis.

Le commerce mondial de riz en 2014 devrait progresser de 7 pour cent et atteindre un nouveau record de 39,7 millions de tonnes, sous l’effet d’une forte demande d'importations et d’une offre abondante dans les principaux pays exportateurs. Les importations devraient augmenter dans toutes les régions, en particulier en Asie, où des acheteurs importants, tels que le Bangladesh, l'Indonésie, les Philippines et le Sri Lanka, sont confrontés à la nécessité de reconstituer leurs réserves et de réduire l'inflation alimentaire. Parmi les exportateurs, la Thaïlande devrait répondre à une grande partie de l'expansion des échanges, principalement au détriment de l'Inde, qui pourrait néanmoins conserver sa position de premier exportateur mondial. Le retour sur le marché du riz thaïlandais à des prix compétitifs devrait également avoir un impact négatif sur les livraisons en provenance du Viet Nam. Les exportations de l’Australie, de la Chine (continentale), de l'Équateur, des États-Unis, de la Fédération de Russie et de l'Uruguay devraient également diminuer en 2014.

Malgré les perspectives décevantes concernant la production en 2014, le commerce mondial de riz en 2015 ne devrait croître que de 0,7 pour cent par rapport à 2014, à 40 millions de tonnes. En effet, alors qu’en raison des résultats relativement médiocres de la campagne, on pourrait s’attendre à ce que de nombreux pays augmentent leurs importations en 2015, une partie des déficits de production pourraient être comblés par des prélèvement sur les stocks détenus dans les réserves nationales. La hausse des importations mondiales devrait être principalement le fait des pays africains, en particulier la Côte d'Ivoire, le Nigeria et le Sénégal. Les achats effectués par les pays asiatiques devraient rester élevés, cependant, dans un contexte de fléchissement de la production et de pression persistante sur les prix intérieurs, les importations pourraient être moins importantes qu’en 2014, notamment sous l’effet d’un recul de la demande à destination de l'Indonésie, des Philippines et du Sri Lanka. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les pertes provoquées par les conditions météorologiques devraient soutenir la demande, tandis que les importations devraient diminuer à destination de l’Amérique du Nord, en particulier des États-Unis, et rester globalement stables à destination de l’Europe. Parmi les exportateurs, les livraisons de la Thaïlande devraient continuer de croître en 2015, le pays pourrait ainsi récupérer sa place de premier fournisseur mondial de riz. Les livraisons en provenance d'Australie, du Cambodge, de la Chine (continentale), du Myanmar, du Pakistan, des États-Unis et du Viet Nam devraient également croître par rapport à leurs niveaux de 2014. En revanche, la mauvaise récolte de 2014 et la hausse de la demande nationale pourrait entraîner une nouvelle réduction des exportations de l'Inde en 2015.

La FAO a révisé à la baisse de 2,0 millions de tonnes ses prévisions concernant l'utilisation mondiale de riz en 2014/15, qui devrait désormais s’établir à 500,3 millions de tonnes (riz usiné). Toutefois, malgré cette révision, l’utilisation mondiale de riz devrait continuer de croître, de 1,7 pour cent, essentiellement sous l’effet d’une augmentation de 5,2 millions de tonnes de la consommation alimentaire mondiale. Cela devrait se traduire par une légère hausse de la consommation par habitant, qui passerait ainsi à 57,5 kg en 2014/15. Les quantités destinées aux semences, les usages non industriels et les pertes après-récolte devraient également croître.

Selon les dernières prévisions de la FAO, les stocks mondiaux de report de riz en 2015 devraient s’établir à 177,7 millions de tonnes (riz usiné), soit environ 2,0 millions de tonnes de moins que les estimations publiées en juillet dans la précédente édition du rapport. La révision s’explique principalement par un recul des stocks plus important que prévu en Inde, en raison de la détérioration des perspectives de production dans le pays, et en Thaïlande, en raison de la hausse de la demande d’exportation. Ainsi, les stocks mondiaux de riz pourraient diminuer de 2 pour cent en 2015 par rapport au record historique enregistré en 2014, marquant la première contraction mondiale des stocks de report en dix ans. Sur la base des niveaux prévus de l'utilisation, le rapport stocks mondiaux-utilisation devrait passer à 34,8 pour cent en 2014/15, contre 36,3 pour cent selon les estimations en 2013/2014. Il resterait cependant supérieur à la moyenne sur cinq ans, de 33,3 pour cent. En raison des prélèvements importants prévus en Inde et en Thaïlande, les stocks de riz détenus par les cinq principaux pays exportateurs devraient reculer de 8 pour cent, et s’établir à 44,6 millions de tonnes en 2015, entrainant une chute du rapport stocks-utilisation totale de 27,7 pour cent en 2013/14 à 25,1 pour cent en 2014/15.

Après deux mois de gains constants, l'Indice FAO des prix du riz (2002-2004=100) a augmenté de 1 pour cent en août. Il s’est ainsi établi à une moyenne de 242 points, soutenu par le resserrement saisonnier de l’offre et la forte demande d'importation. Cela a été particulièrement vrai pour les riz des variétés Indica et Aromatica, dont la hausse des prix explique l’essentiel du renforcement de l’indice en août, tandis que l'indice Japonica s'est stabilisé autour d’une valeur élevée de 263 points. La fermeté des prix s’est maintenue jusqu’en septembre, où les nouvelles récoltes ont commencé à peser sur les cours du riz Indica. À l'avenir, les prix internationaux du riz spourraient être soumis à une pression à la baisse croissante à mesure de l’avancement des récoltes principales dans les pays de l'hémisphère Nord. En effet, les craintes d’une hausse des cours internationaux entraînée par le recul de la production en Inde, au Pakistan et en Thaïlande, sont atténuées par des perspectives de récoltes toujours au-dessus de la moyenne dans ces pays, ainsi que par des stocks abondants, accumulés au cours des nombreuses années consécutives de gains de productions. Dans ce contexte, les politiques publiques vont continuer de jouer un rôle particulièrement influent, en particulier celles concernant la libération des stocks dans les principaux pays fournisseurs à l’échelle mondiale.

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