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Suivi du marché du riz de la FAO (SMR)

Le Suivi du marché du riz de la FAO (SMR) analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français.

Suivi du marché du riz de la FAO, Avril 2012

RÉSUMÉ

Depuis janvier,  les estimations concernant la production mondiale de paddy en 2011 ont été revues à la baisse de 1,4 million de tonnes à 720,0 millions de tonnes (480,1 millions de tonnes, équivalent riz usiné), en raison de la détérioration des perspectives dans plusieurs pays, en particulier au Bangladesh. Cependant, si ces estimations se confirmaient, la production mondiale dépasserait de 2,5 pour cent (ou de 17,7 millions de tonnes) la production abondante de 2010. Ce serait un résultat positif, étant donné que la campagne a été caractérisée par des conditions climatiques irrégulières du fait de la persistance du phénomène la Niña, qui commence à peine à se dissiper. L’essentiel de l'expansion en 2011 provient de hausses de la production dans certains grands pays producteurs d’Asie, en particulier en Inde, où la production a dépassé pour la première fois 100 millions de tonnes de riz blanchi. Des volumes de production record ont également été récoltés en Amérique latine et dans les Caraïbes, alors que la production en Océanie est sur la voie de la reprise. Ces gains ont permis de compenser des baisses de la production en Afrique, en Amérique du Nord et en Europe.

Pour ce qui concerne la prochaine campagne, la FAO a fixé ses premières prévisions concernant la production mondiale de paddy en 2012 à 732,3 millions de tonnes (488,2 millions de tonnes, équivalent riz usiné), 1,7 pour cent de plus que l'estimation révisée de 2011. L'augmentation de 12,3 millions de tonnes par rapport à l’année précédente repose en partie sur les perspectives d'un retour à des conditions météorologiques plus normales. Cette hausse devrait être essentiellement le fait d’une expansion de 1,6 pour cent des semis à 165,1 millions d'hectares, alors que les rendements moyens devraient rester stables à un taux relativement élevé de 4,44 tonnes par hectare. La croissance de la production mondiale en 2012 devrait concerner principalement l'Asie, notamment le Bangladesh, la Chine, l’Inde, le Myanmar, le Pakistan, les Philippines et, en particulier la Thaïlande, où le secteur devrait se remettre des inondations catastrophiques de l'an dernier. Les perspectives sont également positives en Indonésie, en Malaisie et au Sri Lanka, qui ont déjà récolté leurs cultures principales de 2012. La production devrait rebondir en Afrique, en particulier au Mali, au Sénégal et au Nigeria, alors que la production à Madagascar pourrait subir une contraction, en raison des tempêtes successives qui ont balayé le pays depuis janvier. Les perspectives sont plutôt sombres en Amérique latine et dans les Caraïbes, où la production pourrait reculer de 7 pour cent par rapport au record de 2011, suite à une combinaison de sécheresse, de chute des prix du riz et d’une hausse du coût des intrants qui a entraîné une diminution des semis, notamment en Argentine, au Brésil et en Uruguay. Dans les autres régions, la sécheresse et la chute des prix ont également incité les agriculteurs dans l'Union européenne et aux États-Unis à se tourner vers d'autres cultures, tandis que l'Australie a déjà récolté une production exceptionnelle en 2012, grâce à l’utilisation abondante d’eau pour l’irrigation.

Les prévisions de la FAO concernant le commerce mondial de riz au cours de l’année civile 2012 ont été revues à la hausse de 1,5 million de tonnes par rapport aux estimations de janvier, elles s’élèvent désormais à 34,3 millions de tonnes. Cette nouvelle prévision reflète une révision à la hausse des importations, notamment à destination de la Chine, de l’Égypte, de l’Indonésie et du Sénégal, et des exportations, principalement en provenance d’Inde, du Brésil, du Pakistan et de l'Uruguay. Néanmoins, si ces prévisions s’avèraient exactes, le commerce mondial de riz en 2012 reculerait de 2 pour cent, soit près de 900 000 tonnes, par rapport au record de 2011. La contraction devrait s’expliquer par une diminution de la demande d’importation dans les principaux marchés traditionnels d’Asie, où de nombreux pays viennent de récolter des volumes abondants. En revanche, en raison de perspectives d’une chute de la production, les exportations à destination de l'Afrique pourraient augmenter. Les importations à destination de certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes, de l’Europe et de l’Amérique du Nord devraient également augmenter. En Inde, l’offre abondante et relativement bon marché devrait permettre au pays d’accroître ses exportations de riz et de conquérir une plus grande part du marché. L’Australie, le Cambodge, le Pakistan et le Viet Nam devraient également accroître leurs exportations. La reprise des exportations de riz non basmati en provenance d’Inde, suite à la levée en septembre dernier de l’interdiction d’exporter en vigueur depuis 3 ans, se traduit par une concurrence croissante et une baisse des prix, situation particulièrement préjudiciable aux exportations de la Thaïlande. Des réductions de l’offre en Argentine, au Brésil, en Chine, au Myanmar, aux États-Unis et en Uruguay, pourraient également entraîner une baisse des exportations en provenance de ces pays.

Bien que la FAO ait revu à la baisse ses prévisions concernant l’utilisation mondiale de riz en 2011/2012 à 468,4 millions de tonnes (équivalent riz usiné), cette estimation reste supérieure de 2 pour cent à celle de l'année précédente. Cette augmentation s’explique par la perspective  d’une croissance continue de la consommation alimentaire mondiale, qui pourrait atteindre 396,0 millions de tonnes. Cela entraînerait une légère hausse de la consommation moyenne par personne et par an à 56,7 kilos. Selon les perspectives actuelles, l’utilisation mondiale de riz en 2012/13 pourrait augmenter de nouveau de 2 pour cent et s’établir à 477,0 millions de tonnes, et la consommation alimentaire pourrait atteindre 402,6 millions de tonnes. Cela porterait la consommation moyenne par personne et par an à 57,0 kilos. En 2013, la consommation mondiale de riz pourrait être renforcée par une chute des prix dans de nombreuses régions, mais aussi par le projet de l'Inde d’élargir le nombre de ménages qui bénéficient de la distribution de céréales subventionnées.

Depuis janvier, la FAO a révisé à la hausse de 1,8 million de tonnes ses prévisions concernant les stocks mondiaux de riz à la clôture des campagnes de 2012, soit 152,8 millions de tonnes (équivalent riz usiné), 11,8 millions de tonnes de plus que leur niveau d’ouverture. À ce niveau, les stocks pourraient suffire à couvrir 3,9 mois de la consommation mondiale prévue.  Les premières prévisions indiquent une nouvelle progression des stocks en 2013, qui pourraient atteindre 164,3 millions de tonnes. En 2012, comme en 2013, la reconstitution des stocks devrait se concentrer dans les pays exportateurs nets de riz, principalement la Chine (continentale) et l'Inde, mais aussi la Thaïlande, où les réserves sont renforcées par les achats publics dans le cadre du programme de prix garantis. Les stocks détenus par l’ensemble des pays importateurs devraient rester relativement stables en 2012 et 2013.

Les prix mondiaux du riz à l'exportation ont affiché une tendance constante à la baisse depuis janvier, car la forte concurrence sur les marchés a provoqué une chute des prix du riz dans la plupart des pays, notamment en raison de la levée en septembre de l’interdiction d’exporter qui pesait sur le riz ordinaire en Inde. Cependant, les prix à l’exportation restent élevés en Thaïlande, soutenus par les achats gouvernementaux. Selon les perspectives actuelles, qui font état de disponibilités abondantes, une pression à la baisse pourrait continuer à s’exercer sur les prix à l’exportation dans les prochains mois. Cependant, les prix dépendront également du déroulement de la campagne de 2012, ainsi que des décisions gouvernementales et de facteurs liés aux taux de change.