Commerce et marchés
 > Economic > Commerce et Marchés > Publications > Suivi du marché du riz (SMR)
 

Suivi du marché du riz de la FAO (SMR)

Le Suivi du marché du riz de la FAO (SMR) analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français. Le Rapport de mise à jour des prix du riz de la FAO fournit les cours mensuels du riz dans les principaux pays exportateurs.

Notez que les versions française et espagnole du résumé du Suivi du Marché du riz ne seront disponibles que dans quelques jours.


Suivi du marché du riz, Avril 2014

RÉSUMÉ

Alors que la campagne 2013 touche à sa fin, plusieurs pays ont révisé à la hausse les estimations du mois de novembre concernant la production pour 2013, notamment la Chine (continentale), l'Inde, le Pakistan et les Philippines. Ces pays ont souffert de conditions météorologiques défavorables au cours de cette campagne, mais les répercussions sur les cultures ont été moins sévères que prévu. Les perspectives se sont également améliorées pour la Colombie, l'Indonésie, la République islamique d'Iran, le Japon, le Népal, le Sri Lanka, la Tanzanie et la Thaïlande, alors qu’elles se sont détériorées pour le Cambodge, la République démocratique populaire lao, le Myanmar et la Russie.

Dans l'ensemble, les révisions ont entraîné une hausse de 3,5 millions de tonnes de la production, portant la production mondiale de paddy en 2013 à 744,9 millions de tonnes (496,6 millions de tonnes, équivalent riz usiné), soit une augmentation relativement faible de 1,1 pour cent par rapport à la précédente campagne. La performance relativement modeste du secteur du riz au cours de la campagne s’explique par les problèmes climatiques survenus dans plusieurs importants pays producteurs d’Asie, notamment la Chine, la République démocratique populaire lao et la Malaisie, où la production a chuté. En revanche, la production a augmenté dans la plupart des autres pays de la région, des hausses significatives sont notamment prévues en Inde, en Indonésie et au Pakistan. En Afrique, les importants gains de production dans les parties occidentale et orientale du continent ont été contrebalancés par une contraction à Madagascar, où la production a souffert en raison de conditions climatiques irrégulières et la présence de ravageurs. Dans le reste du monde, des conditions de croissance favorables ont stimulé la production en Australie et en Amérique latine et dans les Caraïbes, tandis que les faibles perspectives de prix au moment des semis se sont traduites par une baisse de la production aux États-Unis et en Europe.

C'est le moment de l'année où l'attention du marché se tourne vers les cultures de la prochaine campagne, dont certaines sont sur le point d’être récoltées. Selon les premières prévisions de la FAO, la production mondiale de paddy en 2014 pourrait atteindre 751,0 millions de tonnes (500,7 millions de tonnes, équivalent riz usiné), soit une hausse de 0,8 pour cent par rapport aux estimations établies pour 2013 et une troisième campagne consécutive de croissance modérée. Le ralentissement prévu repose principalement sur la prévision du retour du phénomène El Niño à la mi-2014. Associé à des sécheresses en Asie, plaque tournante de la production de riz, El Niño pourrait avoir de fortes répercussions sur les rendements et inciter les producteurs à s’orienter vers des cultures moins exigeantes en eau pendant la saison sèche. Au sud et le long de l'équateur, où la campagne de paddy est plus avancée, la production devrait augmenter de manière significative en Amérique du Sud, tandis que la sécheresse a entravé la production en Australie. Ailleurs, les premières prévisions indiquent une reprise de la production en Afrique, en Amérique du Nord et en Europe.

La FAO a revu légèrement à la baisse son estimation de novembre concernant le commerce international de riz pour l’année civile 2013, qui s'élève désormais à 37,3 millions de tonnes, soit 3 pour cent (1,0 millions de tonnes) de moins que le niveau record enregistré en 2012. La réduction des importations mondiales, par rapport à l’année précédente, s’explique principalement par une réduction significative des achats de l'Indonésie et des Philippines, en raison de récoltes abondantes. Le Nigeria et la Chine, principaux pays acheteurs de riz, ont également légèrement réduit leurs importations, tandis que selon les estimations, les importations auraient augmenté en République islamique d'Iran, en République de Corée et à Madagascar par rapport à 2012. Pour ce qui est des exportations, l’essentiel de la contraction du commerce a été confirmé par le Viet Nam, dont les exportations officielles ont reculé de 1 million de tonnes, conformément aux achats réduits de l'Indonésie et des Philippines, deux des principaux acheteurs du Viet Nam. Le Brésil, le Myanmar, la Thaïlande et l'Uruguay ont enregistré des réductions plus contenues, du fait de la hausse des prix intérieurs. En revanche, le Cambodge, la Chine, l'Inde et le Pakistan sont parvenus à accroître leurs ventes à l'étranger.

Le commerce international de riz en 2014 devrait croître de 5 pour cent et ainsi atteindre un nouveau record de 39,3 millions de tonnes, soit une estimation en hausse de 1,0 million de tonnes par rapport à l’estimation de novembre. Face à la hausse des prix intérieurs et une réduction des réserves, les pays asiatiques (le Bangladesh, la Chine, l’Indonésie, la Malaisie, le Népal, les Philippines et le Sri Lanka) seraient en grande partie responsables de l'augmentation prévue de 2,0 millions de tonnes des importations mondiales. Toutefois, les importations de riz à destination des pays d'Afrique devraient également croître, en raison principalement d’une hausse des achats du Nigeria, du Mali et de la Tanzanie, alors que Madagascar et le Mozambique devraient quant à eux réduire leurs achats. Les importations des pays d’Amérique latine et des Caraïbes pourraient également augmenter, soutenues par une hausse des livraisons à destination d’Haïti et de la Bolivie, tandis que les importations du Brésil pourraient diminuer. Pour ce qui concerne les exportations, la concurrence sur les marchés s’est intensifiée du fait de l’abondance des disponibilités dans les pays exportateurs, en raison des importantes récoltes et des larges stocks. Les efforts déployés par la Thaïlande pour réduire ses stocks publics, devraient lui permettre de conquérir une grande partie de l'expansion de la demande mondiale, bien que la plupart des autres pays exportateurs de riz (l’Argentine, le Brésil, le Cambodge, la Chine, l’Égypte, le Guyana, le Pakistan, le Paraguay, les États-Unis et le Viet Nam) devraient également voir leurs exportations augmenter. La hausse des livraisons de ces pays devrait se faire au détriment des exportations de l'Inde, qui devrait néanmoins conserver sa place de principal exportateur mondial.

Conformément à l’amélioration des perspectives concernant la production en 2013 depuis le mois de novembre, la FAO a relevé ses prévisions concernant l’utilisation mondiale de riz en 2013-14 de 1,0 million de tonnes. Celle-ci devrait ainsi atteindre 490,3 millions de tonnes (riz usiné), soit une hausse de 2,5 pour cent par rapport à l'année précédente. Une grande partie de la croissance de la consommation devrait être soutenue par une hausse continue de la consommation humaine directe, mais les volumes destinés à l'alimentation animale et aux autres utilisations devraient également augmenter. Sur la base des premières prévisions provisoires concernant la production en 2014, la FAO estime que l’utilisation mondiale de riz pourrait continuer de croître en 2014-15 et atteindre 502,0 millions de tonnes. Une fois encore, la croissance devrait être principalement imputable à la hausse de la consommation alimentaire, qui devrait représenter 83 pour cent de l’utilisation totale prévue. Compte tenu d'une augmentation prévue de 1,4 pour cent de la population mondiale, la consommation alimentaire moyenne de riz par habitant devrait atteindre 57,0 kilos, soit une légère augmentation par rapport à l'estimation de 56,9 kilos en 2013-14. En effet, le riz reste cher sur les marchés intérieurs et les prix sur les marchés locaux continuent d’augmenter dans de nombreux pays.

Selon les dernières estimations, les stocks mondiaux de riz reportés en 2014 devraient augmenter pour la neuvième année consécutive et atteindre 180,5 millions de tonnes (riz usiné), soit 1,5 million de tonnes de plus que les estimations de novembre, et 3,2 pour cent de plus que leur niveau d'ouverture. Les pays en développement devraient être responsables de l’ensemble de l’accumulation des stocks, soit une hausse de plus de 3 pour cent, largement soutenue par une augmentation en Chine. En revanche, les stocks de report dans les pays développés pourraient chuter de 3 pour cent, en raison d’une piètre production. Dans l'ensemble, les cinq principaux pays exportateurs de riz devraient renforcer leurs réserves, grâce à une reconstitution des stocks au Pakistan, en Thaïlande et au Viet Nam, qui devrait compenser une diminution en Inde et aux États-Unis. Ainsi, le rapport stocks mondiaux-utilisation, un indicateur clé de la sécurité alimentaire, devrait augmenter et passer de 35,7 pour cent en 2012-13 à 35,9 pour cent en 2013-14. Quant au rapport stocks des cinq principaux pays exportateurs-utilisation totale, un indicateur de l’équilibre sur le marché international, les prévisions actuelles font état d'une baisse de 28,0 pour cent à 27,8 pour cent sur la même période. Selon les premières estimations, encore très préliminaires et basées sur les perspectives actuelles concernant la production, le commerce et l'utilisation, les stocks mondiaux de riz reportés en 2015 pourraient reculer pour la première fois en dix ans, bien que le recul prévu ne soit que de 0,5 pour cent.

Les cours internationaux du riz ont suivi des tendances divergentes ces quatre derniers mois. Sur le marché des riz à grains moyens, les prix ont fortement progressé en raison de perspectives d’une baisse de l’offre aux États-Unis et en Australie, principaux fournisseurs du riz Japonica, et de la poursuite des restrictions à l'exportation en Égypte. Ce renforcement des prix contraste fortement avec la faiblesse des prix sur le marché des riz à grains longs depuis le début de 2013. En effet, du fait des abondantes disponibilités dans les principaux pays exportateurs, et en raison du faible intérêt des acheteurs, les Indices des riz Indica de qualité supérieure et inférieure ont continué de baisser, reculant de 2-3 pour cent depuis novembre. Les prix des riz aromatiques ont également fléchi, bien que de façon moins marquée, en raison d’une augmentation de l’offre et du retrait de certains acheteurs importants du marché. Le sous-indice des riz parfumés a ainsi perdu 1 pour cent depuis novembre.

Les prix du riz à l’exportation devraient, dans les prochains mois, être influencés par les progrès des récoltes secondaires dans les pays de l'hémisphère nord et des récoltes principales de 2014 dans les pays le long et au sud de l'équateur. Compte-tenu des prévisions de disponibilités suffisantes dans les principaux pays exportateurs, ces récoltes pourraient exercer une pression supplémentaire sur les prix à l'exportation. Dans ce contexte, les décisions d'achat joueront un rôle important. Le gouvernement des Philippines a déjà annoncé son intention de mener en avril un appel d'offre pour l'importation de riz, mais le retour d'autres acheteurs importants pourrait atténuer davantage encore la pression à la baisse sur les prix. À l'avenir, les événements climatiques qui affectent le développement des cultures de la campagne 2014, comme les effets potentiels du phénomène El Niño, pourraient également jouer sur la confiance du marché. Sur le front politique, le marché reste particulièrement attentif aux décisions concernant le soutien du gouvernement au secteur du riz en Thaïlande, de même qu’au rythme auquel les fonctionnaires continueront d’écouler les stocks publics. La révision des restrictions à l'exportation de riz par les autorités égyptiennes devrait également être scrutée de près, car le retour de l'Égypte sur le marché pourrait alléger un peu la pression actuelle à la hausse sur les prix du riz  Japonica. Enfin, comme cela a été le cas ces derniers mois, les fluctuations des taux de change pourraient également se répercuter sur les prix du riz dans les différents pays.

Documents