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Suivi du marché du riz de la FAO (SMR)

Le Suivi du marché du riz de la FAO (SMR) analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français. Le Rapport de mise à jour des prix du riz de la FAO fournit les cours mensuels du riz dans les principaux pays exportateurs.


Suivi du marché du riz, Juillet 2014

RÉSUMÉ

Les récoltes secondaires de paddy sont sur le point de s’achever dans les pays de l'hémisphère nord, annonçant la fin de la campagne 2013. Sur la base des dernières estimations, la FAO a révisé à la hausse ses prévisions du mois d’avril concernant la production mondiale de riz en 2013 de 2,1 millions de tonnes. Elle devrait ainsi atteindre 747,0 millions de tonnes (498,0 millions de tonnes, en équivalent riz usiné). Cette révision tient principalement à de meilleures performances que prévu en Asie, en particulier au Bangladesh, en Chine (continentale), en Inde, en Irak, au Myanmar, au Pakistan et au Sri Lanka, mais aussi en Afrique de l'Ouest, au Tchad et au Mali. Ainsi, la production mondiale gagnerait 1,5 pour cent par rapport à l’année précédente, un taux supérieur à la croissance de 1,1 pour cent prévue au mois d’avril, mais encore en deçà de la tendance à long terme de 2,0 pour cent depuis 2000. L’essentiel de l’augmentation de la production devrait être le résultat d’un accroissement des superficies cultivées, étant donné que les rendements ont légèrement fléchi.

Contrairement à 2013, la FAO a revu légèrement à la baisse de 120 000 tonnes ses prévisions du mois d’avril concernant la production mondiale de riz en 2014 , qui devrait s’établir à 750,9 millions de tonnes (500,7 millions de tonnes, riz usiné). A ce niveau, la production enregistrerait une croissance de 0,5 pour cent, ou 3,9 millions de tonnes, par rapport à l’estimation révisée de 2013. Cependant, plus que d'habitude encore à cette époque-ci de l'année, les perspectives sont entourées d'incertitudes, en raison de l’arrivée imminente du phénomène climatique El Niño, dont la durée et de l’intensité détermineront l’impact sur la production. Par exemple, une résurgence du phénomène El Niño durant le dernier trimestre de l'année n’aura que des effets limités sur les principales cultures de paddy 2014, étant donné qu’à cette époque elles ont déjà été récoltées. Les conséquences seront plus importantes pour les cultures secondaires de 2014 dans les pays de l'hémisphère Nord et pour les premières récoltes de 2015 dans les pays de l'hémisphère Sud, car les semis seront effectués à la fin de l’année 2014 ou au début de l’année 2015. Ceci étant dit, les perspectives pour la campagne 2014 ont déjà été marquées par une arrivée tardive de la saison des pluies, la pluviosité sera donc décisive dans les mois à venir. Bien qu’il y ait eu peu de changements à l’échelle mondiale depuis le mois d’avril, les prévisions concernant la production en 2014 ont enregistrées de fortes variations au niveau des pays. Les perspectives se sont détériorées en Inde, en Indonésie, aux Philippines et au Sri Lanka, mais aussi en Argentine, en Australie, au Brésil, en Colombie, en Équateur et au Sénégal, dans la plupart des cas, à la suite de sécheresses ou de pluies intempestives. En revanche, la FAO a relevé ses prévisions concernant la production en Chine (continentale), mais aussi au Bangladesh, au Cambodge, au Tchad, en Egypte, en Irak, dans la République démocratique populaire lao, au Mali, au Myanmar, au Pakistan, au Pérou, dans la Fédération de Russie, en Sierra Leone, dans la République-Unie de Tanzanie et au Viet Nam.

Parmi les différentes régions, la production en Asie devrait atteindre 679 millions de tonnes en 2014, une hausse de seulement 0,2 pour cent en termes de volume, soit 1 million de tonnes de plus qu’en 2013. Cette faible croissance reflète des prévisions de mauvaise récolte en Inde, mais également en Indonésie, au Népal, au Sri Lanka et en Thaïlande, pays où la production pourrait enregistrer une contraction par rapport à l’année dernière. En revanche, la production devrait croître au Bangladesh, en Chine (continentale), au Myanmar, au Pakistan, aux Philippines et au Viet Nam, où le soutien des pouvoirs publics au secteur reste fort. Les perspectives sont beaucoup plus positives en Afrique, où la production devrait enregistrer une hausse significative de 3,8 pour cent, ou 1 million de tonnes. Elle atteindrait ainsi 28,3 millions de tonnes (18,5 millions de tonnes, équivalent riz usiné). La reprise de la production à Madagascar, après une maigre campagne 2013, devrait expliquer l’essentiel de la croissance prévue dans la région. Au cours de cette campagne, le pays a bénéficié d’une pluviométrie adéquate et précipitations et d’une présence réduite des ravageurs. Les perspectives sont également beaucoup plus favorables pour l'Afrique de l'Est, où la production devrait croître de 3 pour cent par rapport à 2013. L’Afrique de l’Ouest devrait également enregistrer des résultats positifs, bien que plus modestes. En Amérique latine et dans les Caraïbes, la production devrait atteindre 28,6 millions de tonnes en 2014 (19,1 millions de tonnes, équivalent riz usiné). Malgré des estimations en baisse de 600 000 tonnes par rapport au mois d’avril, la production devrait croître de 1,3 pour cent par rapport à 2013. Les perspectives se sont détériorées, en particulier pour le Brésil, mais aussi pour l'Argentine, la Bolivie, la Colombie et l'Equateur, où les principales cultures de 2014 ont déjà été récoltées. Cependant, la production devrait tout de même progresser en Argentine, au Brésil, à Cuba, au Guyana et au Paraguay par rapport à l’année dernière, alors qu’elle pourrait reculer en Bolivie, en Colombie, en Équateur, au Pérou et en Uruguay du fait de perspectives de pluies défavorables et/ou de baisse des prix. En Europe, la production devrait rester stable dans l'Union européenne, à un niveau proche de celui estimé pour 2013, grâce à une amélioration des rendements, qui devrait compenser une réduction des superficies cultivées. En revanche, la production devrait progresser dans la Fédération de Russie. En Amérique du Nord, les dernières prévisions de l'USDA font état d’une reprise de 19 pour cent par rapport à 2013, stimulée par une augmentation de 23 pour cent des superficie cultivées, en dépit d'un démarrage tardif de la campagne dû à des pluies inhabituelles et des températures inférieures à la moyenne. Pour ce qui est de l’Océanie, les estimations officielles concernant l’Australie, où la campagne est déjà achevée, indiquent une baisse de 29 pour cent par rapport aux excellents résultats de 2013, en raison d’un manque d’eau d'irrigation, qui a limité les semis.

Depuis le mois d’avril, la FAO a relevé ses estimations concernant le commerce international de riz au cours de l’année civile 2014 , d'environ 100 000 tonnes. Cependant, malgré une évolution relativement faible au niveau mondial, les prévisions ont subi d’importantes révisions au niveau des pays. Les importations à destination du Bangladesh, de l'Indonésie et des Philippines ont été sensiblement revues à la hausse, tandis que les livraisons à destination de la Chine (continentale), de la Thaïlande, de la République-Unie de Tanzanie et du Viet Nam ont été revues à la baisse. Pour ce qui concerne les pays fournisseurs, selon les estimations, les exportations de l'Inde, du Pakistan et de la Thaïlande devraient croître, tandis que celles du Cambodge, des États-Unis et du Viet Nam pourraient reculer.

Selon les dernières prévisions de la FAO, le commerce international devrait atteindre un nouveau niveau record de 39,4 millions de tonnes en 2014, soit une croissance exceptionnelle de 6 pour cent par rapport au faible niveau de 2013. L'augmentation de 2,3 millions de tonnes devrait être imputable à une forte demande d'importations, principalement en Asie, où les principaux marchés, tels que le Bangladesh et les Philippines, intensifient leurs achats à l'étranger afin de reconstituer leurs stocks et/ou de freiner les pressions inflationnistes. En raison de la baisse de la production et des cours mondiaux attractifs, les achats des pays situés en Afrique et en Amérique latine et dans les Caraïbes pourraient également fortement progresser, et avec des gains supplémentaires prévus en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie. Pour ce qui concerne les exportations, la Thaïlande devrait profiter de l’essentiel de la croissance de la demande en 2014, du fait de l’assouplissement de la situation de l'offre et de prix compétitifs, suite à la suspension du programme de soutien public aux producteurs de riz et à la libération par le gouvernement de riz en provenance des stocks publics. La hausse des livraisons en provenance de Thaïlande devrait en partie se faire au détriment de l'Inde, dont les exportations devraient demeurer importantes. L'Argentine, le Brésil, l'Egypte, le Guyana, le Pakistan, le Paraguay et le Viet Nam, devraient également augmenter leurs livraisons au cours de l'année, tandis que les perspectives concernant les exportations ont été revues à la baisse pour l'Australie, le Cambodge, la Chine (continentale), l'Union européenne, la Fédération de Russie et les Etats-Unis, en raison d’une concurrence farouche sur les marchés et/ou de déficits de production.

L'utilisation mondiale de riz en 2014/15 devrait progresser de 2,2 pour cent et atteindre un nouveau record de 502,3 millions de tonnes (riz usiné), du fait principalement de la croissance de la demande alimentaire, mais également pour d'autres utilisations (semences, pertes post-récolte et utilisations industrielles non alimentaires). L’Asie (à l'exception du Cambodge et de la Thaïlande) devrait connaître une hausse de la consommation alimentaire en 2014/15, en dépit des prix au détail/de gros fermes. Dans plusieurs pays importants, le contrôle des pouvoirs publics sur les prix au détail et l’élargissement de la distribution de riz subventionné devrait soutenir la consommation de riz. Selon les dernières projections de la population, la consommation alimentaire de riz par habitant devrait rester stable autour de 57,6 kilos.

Depuis le SMR du mois d’avril, la FAO a revu à la hausse ses prévisions concernant les stocks mondiaux de riz , à la clôture des campagnes de commercialisation se terminant en 2014. Les réserves mondiales devraient ainsi progresser de 1,0 million de tonnes supplémentaires et atteindre un niveau record de 181,4 millions de tonnes. Les reports mondiaux de riz en 2015 devraient atteindre 179,7 millions de tonnes, soit 200 000 tonnes de plus que les estimations faites il y a quelques mois. Malgré cette révision à la hausse, les stocks mondiaux de report pourraient enregistrer une contraction pour la première fois en dix ans, bien que le recul prévu ne soit que de 0,9 pour cent. Le rapport stocks mondiaux-utilisation passerait ainsi de 36,1 pour cent en 2013/14 à 35,1 pour cent en 2014/15.

Les cours internationaux du riz sont restés relativement stables ces derniers mois. L’Indice FAO des prix du riz (2002-04=100) s’est maintenu depuis mars 2014 à environ 237 points. Cette apparente stabilité masque des tendances divergentes des prix selon les différentes qualités et origines. Alors que les prix du riz aromatique n’ont pratiquement pas évolué ces trois derniers mois, les prix du riz Japonica ont fléchi entre mars et juillet, suite à la dissipation des craintes liées à la récolte aux États-Unis. Cela compense en partie la reprise des cours du riz Indica depuis le mois de juin, soutenus par une demande vigoureuse d'importations et un resserrement de l'offre, associés à une suspension temporaire des ventes en provenance des stocks en Thaïlande. En conséquence, les prix à l’exportation du riz blanc thaïlandais 100% B, qui sert de référence, sont repartis légèrement à la hausse et ont atteint 432 USD la tonne en juillet, contre 542 USD la tonne en juillet 2013.

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