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Suivi du marché du riz de la FAO (SMR)

Le Suivi du marché du riz de la FAO (SMR) analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français. Le Rapport de mise à jour des prix du riz de la FAO fournit les cours mensuels du riz dans les principaux pays exportateurs.

Notez que les versions française et espagnole du résumé du Suivi du Marché du riz ne seront disponibles que dans quelques jours.


Suivi du marché du riz, Novembre 2013

RÉSUMÉ

Depuis la publication de l'édition du mois de juillet du SMR, les perspectives concernant la campagne, déjà bien avancée, de paddy pour l'année 2013 ont été marquées par une série de revers, entraînant une révision à la baisse des prévisions concernant la production mondiale de riz en 2013. Les prévisions du mois de juillet ont été ainsi réduites d'environ 5 millions de tonnes et atteignent désormais 741,4 millions de tonnes (494,2 millions de tonnes, équivalent riz usiné), soit une croissance de seulement 1,1 pour cent, ou 7,8 millions de tonnes, par rapport aux estimations concernant la production en 2012. La détérioration des perspectives concerne principalement la Chine (continentale), le Pakistan et les Philippines, qui ont été frappés, ces derniers mois, par des événements climatiques extrêmes, notamment des tempêtes et des typhons. Les mauvaises conditions de croissance ont aussi eu un impact négatif sur les perspectives de récolte à Madagascar, au Mali et au Sénégal, tandis que des révisions des chiffres historiques ont entraîné une baisse importante des estimations concernant la récolte de 2013 en Égypte et au Myanmar. Ces réductions sont partiellement compensées par une hausse des prévisions de production dans certain pays, en particulier en Indonésie, en Thaïlande et aux États-Unis.

Bien qu'une grande partie de la détérioration des perspectives mondiales soient imputables à l'Asie, celle-ci devrait tout de même soutenir la croissance de la production mondiale de riz en 2013. Selon les dernières prévisions, la région devrait récolter 672,7 millions de tonnes de paddy (448,6 millions de tonnes, riz usiné), soit 1,2 pour cent de plus qu'en 2012. L'Inde, l'Indonésie, la Thaïlande, le Myanmar et le Bangladesh devraient être les principaux responsables de cette augmentation. En revanche, la sécheresse qui a sévi dans les provinces du centre et de l'est de la Chine a lourdement pesé sur les récoltes des cultures intermédiaires et tardives, et pourrait entraîner le premier recul de la production dans le pays depuis 2003. Le Japon, la Malaisie et les Philippines pourraient également faire face à une contraction de la production. Aux Philippines, le passage du super typhon Haiyan n'a eu qu'un impact limité sur la campagne principale, car l'essentiel de la récolte avait été réalisé. Toutefois, les conséquences sur la campagne secondaire, actuellement à l'étape de plantation, pourraient être plus graves, car les activités agricoles dans les régions touchées seront entravées par les pertes humaines, le déplacement des populations locales et la destruction des machines agricoles et des infrastructures. Les perspectives de récoltes en Afrique se sont également détériorées depuis le mois de juillet, la production de paddy dans la région devrait ainsi rester stable au niveau de 2012, 26,8 millions de tonnes (17,5 millions de tonnes, riz usiné). Cette apparente stabilité masque cependant des tendances différentes dans la région. En effet, la production devrait croître en Afrique du Nord (Égypte), en Afrique de l'Ouest (Guinée, Mali et Nigeria), en Afrique de l'Est (Tanzanie et Ouganda) et en Afrique centrale (Cameroun) et ainsi compenser le recul de 18 pour cent en Afrique australe, causé par une chute significative de la production à Madagascar. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les perspectives concernant la production de riz en 2013 ont été légèrement revues à la hausse, elle atteignent désormais 28,0 millions de tonnes (18,7 millions de tonnes, riz usiné), soit 1,9 pour cent de plus qu'en 2012 mais un niveau encore inférieur aux volumes de 2011. En Amérique centrale et dans les Caraïbes, la plupart des producteurs devraient rentrer des récoltes plus abondantes, en particulier dans la République dominicaine et au Mexique, tandis qu'en Amérique du Sud, les perspectives sont mitigées. En effet, des augmentations importantes sont attendues au Brésil, au Guyana, au Paraguay et au Venezuela, alors que la production pourrait fléchir en Bolivie et au Chili. En Amérique du Nord, en dépit d'une amélioration des perspectives, les États-Unis devraient tout de même enregistrer une baisse de 5 pour cent de la production cette année. En Europe, les perspectives n'ont pas beaucoup évolué pour l'UE et la Fédération de Russie. La production devrait décliner de manière significative dans l'UE tandis que la Fédération de Russe se dirige vers une nouvelle récolte record. En Océanie, l'Australie a déjà rentré sa récolte de 2013 au début de cette année, la plus abondante de ces dix dernières années.

Dans les pays situés le long et au sud de l'équateur, les semis pour la campagne principale de 2014 ont commencé. Certains pays fournissent déjà des indications sur les perspectives de récolte pour la prochaine campagne, notamment l'Argentine, le Chili et l'Uruguay, où des quantités suffisantes d'eau destinée à l'irrigation devraient favoriser une croissance des semis, malgré des inquiétudes persistantes concernant l'augmentation des coûts de production et la baisse des bénéfices. Bien que les enquêtes concernant les semis indiquent peu de changements dans la superficie de couverture au Brésil, les estimations officielles prévoient une hausse de 2 à 5 pour cent de la production du fait d'une amélioration des rendements. En Asie, le Viet Nam a déjà annoncé qu'il encouragerait une substitution des plantations de riz, tandis que l'Indonésie s'est fixé un objectif de production officiel, nécessitant une augmentation de 6 pour cent de la production. En revanche, en Australie, les conditions de sécheresse et les prévisions de baisse des rendements ont conduit les responsables à annoncer une baisse de 22 pour cent de la production.

Les prévisions de la FAO concernant le commerce mondial de riz pour l'année civile 2013 sont restées stables depuis le mois de juillet. Les échanges mondiaux de riz devraient s'élever à 37,5 millions de tonnes (riz usiné), soit une contraction de 2 pour cent par rapport au niveau record de 2012. Le recul devrait être provoqué par une chute de la demande, qui s'explique notamment par une réduction des importations à destination de l'Extrême-Orient (Indonésie, Philippines) et de l'Afrique de l'Ouest (Nigeria, Sénégal), par de bonnes récoltes dans des pays traditionnellement importateurs, mais aussi par des politiques restrictives instituées dans certains pays dans le cadre de programmes visant à promouvoir l'autosuffisance. En revanche, les mauvaises récoltes, combinées à une forte demande intérieure, devraient entraîner une hausse des achats en Europe (UE), en Amérique latine et dans les Caraïbes (Brésil, Colombie) et en Amérique du Nord (États-Unis). Parmi les exportateurs, le fléchissement de la demande d'importation devrait se traduire par un recul des exportations principalement en provenance du Viet Nam, bien qu'une baisse de l'offre et des prix élevés devraient également entrainer un fléchissement des ventes en provenance d'Argentine, du Brésil et d'Uruguay. Selon les données concernant les exportations de la Thaïlande jusqu'à présent, il semble peu probable que le pays puisse stimuler ses exportations au-delà du niveau relativement faible de l'année dernière. En revanche, les prévisions ont été revues à la hausse pour l'Inde, qui pourrait répliquer la performance record de 2012, l'Australie, le Cambodge, la Chine (continentale), l'Egypte, le Pakistan, le Paraguay et les États-Unis.

Le commerce mondial de riz en 2014 devrait atteindre 38,3 millions de tonnes, soit 2 pour cent de plus que l'estimation actuelle des échanges pour 2013, légèrement en deçà du record de 2012. Pour ce qui concerne les exportations, l'essentiel de la croissance du commerce devrait être imputable à la Thaïlande, où la libération par le gouvernement des quantités de riz provenant des stocks publics ont entraîné une chute des prix ces derniers mois, en vue d'aider le pays à retrouver sa compétitivité à l'échelle internationale. L'abondance des disponibilités pourrait également permettre au Brésil, à la Chine (continentale), à l'Égypte, au Guyana et au Paraguay d'accroître leurs livraisons. Cependant, un retour en force de la Thaïlande sur le marché des exportations de riz devrait avoir des répercussions négatives sur les ventes de la plupart des autres fournisseurs, en particulier l'Inde, qui pourrait néanmoins conserver sa position dominante sur le marché mondial du riz. Les expéditions en provenance d'Argentine, du Pakistan, d'Uruguay et des États-Unis devraient également diminuer.

La FAO a revu à la baisse ses prévisions concernant l'utilisation mondiale de riz en 2013/14, les prévisions s'établissent désormais à 489,4 millions de tonnes (riz usiné), soit 2,8 pour cent de plus que l'année précédente. L'augmentation est soutenue par une hausse de 8 millions de tonnes de la consommation alimentaire mondiale, qui passe ainsi à 410,6 millions de tonnes. En conséquence, la consommation moyenne de riz par habitant devrait s'établir à 57,0 kilos en 2013/14, contre 56,5 kilos en 2012/13. Cette hausse de la consommation survient pourtant dans un contexte de prix de détail généralement élevés par rapport à l'année dernière, situation souvent favorisée par un élargissement des systèmes de distribution subventionnés, en particulier en Asie, où le Bangladesh, l'Indonésie et, en particulier l'Inde ont récemment élargi la portée de ces programmes.

Selon les estimations actuelles, les stocks mondiaux de riz reportés en 2014 devraient dépasser leurs niveaux d'ouverture de 4,6 millions de tonnes, suffisamment pour entrainer une hausse du rapport stocks mondiaux-utilisation, qui passerait ainsi de 35,6 pour cent en 2012/13 à 35,9 pour cent cette année. Les pays en développement devraient être responsables de l'ensemble de l'augmentation des réserves. Parmi les pays exportateurs, la Thaïlande et le Viet Nam devraient clore leurs campagnes de commercialisation avec des réserves plus abondantes, tandis que les stocks pourraient diminuer en Inde, au Pakistan et aux États-Unis. Parmi les pays importateurs, la Chine devrait augmenter ses stocks de riz. En revanche, les importateurs traditionnels, notamment le Bangladesh, l'Indonésie, la République islamique d'Iran, Madagascar, le Nigéria, les Philippines et l'Afrique du Sud pourraient enregistrer un recul de leurs réserves de riz à la clôture de la campagne.

Les cours internationaux du riz sont restés stables pratiquement toute l'année 2013, mais ils ont nettement chuté en septembre. L'Indice FAO des prix du riz (2002-2004 = 100) a en effet perdu 5 pour cent de sa valeur ce mois-là et s'est établi à 226 points. L'indice a baissé de 2 points supplémentaires en octobre et d'1 point en novembre, mois durant lequel il s'est établi en moyenne à 223 points. La faiblesse des prix a été plus marquée pour les variétés à grain long. En effet, les cours ont subi des pressions à la baisse du fait du manque d'intérêt de la part des acheteurs et des perspectives de récoltes abondantes pour la campagne principale dans les pays de l'hémisphère nord. En raison de la baisse des prix particulièrement forte en Thaïlande, ces derniers mois ont été marqués par une évolution significative du marché : la convergence des prix du riz de toutes origines en Asie. Cette situation devrait avoir des implications importantes pour le commerce dans les prochains mois.

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