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Suivi du marché du riz de la FAO (SMR)

Le Suivi du marché du riz de la FAO (SMR) analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français. Le Rapport de mise à jour des prix du riz de la FAO fournit les cours mensuels du riz dans les principaux pays exportateurs.


Suivi du marché du riz, Décembre 2014

RÉSUMÉ

Alors que la campagne 2014 bat son plein, sur la base des dernières estimations, plus précises, la FAO a légèrement révisé à la hausse (de 250 000 tonnes) ses prévisions relatives à la production mondiale de paddy. La FAO a relevé ses prévisions relatives à la production de la campagne 2014 par rapport à celles du mois d’octobre dans plusieurs pays, notamment la Chine, l'Indonésie, la République de Corée, le Nigeria, et le Viet Nam. Les hausses prévues devraient plus que compenser les mauvais résultats en Inde, touchée par le cyclone Hudhud, et en République populaire démocratique de Corée et en Thaïlande, qui ont dû faire face à un manque sévère de précipitations. Les activités agricoles ont été perturbées par l’irruption de l’épidémie de la maladie à virus Ebola, ce qui a abouti à une détérioration des perspectives en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Les prévisions concernant la production mondiale de riz en 2014 devraient ainsi atteindre 744,7 millions de tonnes (496,6 millions de tonnes, riz usiné), une estimation légèrement inférieure (0,2 pour cent) à celle de 2013, reflétant une contraction de 0,1 pour cent à la fois des semis (162,9 millions d’hectares) et des rendements (4,57 tonnes par hectare), sous l’effet de conditions météorologiques défavorables.

La baisse prévue de la production mondiale en 2014 s’explique principalement par les résultats négatifs attendus en Asie, où la campagne devrait s’achever en légère baisse (0,5 pour cent) et atteindre 674,4 millions de tonnes (449,8 riz usiné). En effet, l’ensemble de la région a souffert de conditions climatiques difficiles au cours de la campagne, qui pourraient entraîner des baisses substantielles de la production en Inde, en Indonésie, au Népal, au Sri Lanka et en Thaïlande. En revanche, le Bangladesh, la Chine, le Myanmar et le Viet Nam devraient enregistrer de fortes hausses de la production. Les perspectives actuelles font état d’une croissance, quoique modeste, de la production en Afrique, soutenue par un redressement de la production dans l'Est et le Sud de la région, en particulier grâce à une reprise à Madagascar, et une progression continue de la production dans la République-Unie de Tanzanie. En revanche, la production devrait connaître un repli en Afrique du Nord, sous l’effet d’un recul de la production en Egypte, et en Afrique de l'Ouest, du fait de l'insuffisance des précipitations et de l'épidémie de maladie à virus Ébola. En Océanie, les faibles disponibilités d'eau ont entraîné une chute de la production en Australie. En revanche, les bons résultats enregistrés dans des pays tels que l'Argentine, le Brésil, Cuba, le Guyana et le Paraguay ont contribué à soutenir une augmentation de 1 pour cent de la production en Amérique latine et dans les Caraïbes. Un rythme de croissance similaire est attendu en Europe, grâce à une excellente performance du secteur dans la Fédération de Russie et ce malgré un recul de 3 pour cent dans l'UE. La production devrait enregistrer une hausse plus marquée en Amérique du Nord, où les États-Unis se dirigent vers un rebond de la production de 16 pour cent.

Alors que plusieurs pays de l'hémisphère Nord doivent encore récolter leurs cultures secondaires de 2014, les producteurs se trouvant le long ou au sud de l’équateur ont déjà commencé à semer leurs premières récoltes de 2015. Bien qu’encore provisoires, les perspectives pour la production de 2015 dans ces derniers pays sont mitigées: alors que les coûts élevés de production et/ou la surabondance des précipitations en Argentine et en Uruguay pourraient dissuader les agriculteurs de planter, les superficies sous riz devraient augmenter en Bolivie, au Chili et au Paraguay en 2015. En Asie, le gouvernement Indonésien a récemment fixé l’objectif concernant la production de paddy à 73,4 millions de tonnes (46,2 millions de tonnes, riz usiné), soit 4 pour cent de plus qu’en 2014. Au Sri Lanka la production devrait rebondir, grâce à un retour des pluies. En Afrique, sauf problème majeur, les perspectives sont positives pour Madagascar et la Tanzanie. En revanche, les prévisions officielles font état d'une contraction de 18 pour cent de la production en Australie, en raison d’une nouvelle réduction des allocations d'eau et de la hausse de leurs prix.

Depuis le mois d’octobre, la FAO a revu à la hausse ses prévisions concernant le commerce mondial de riz en 2014 de quelque 500 000 tonnes. Celui-ci devrait s’établir à 40,2 millions de tonnes, principalement du fait de l’augmentation prévue des importations à destination du Bangladesh et de la Guinée, ainsi que des hausses des livraisons à Djibouti, au Sri Lanka, en Turquie et au Zimbabwe. Les prévisions concernant les importations ont en revanche été revues à la baisse pour la République de Corée et la République islamique d'Iran, à des niveaux historiquement bas, ainsi qu’en Egypte. Pour ce qui concerne les exportations, la hausse de la demande devrait principalement profiter à la Thaïlande, et au Viet Nam. Les exportations de riz en 2014 en provenance du Brésil et du Pakistan ont été révisées à la baisse. Selon les dernières estimations, le commerce mondial de riz devrait atteindre 40,2 millions de tonnes en 2014, 8 pour cent de plus qu’en 2013, soit un nouveau record. La hausse repose principalement sur une hausse des importations en Extrême-Orient, où les principaux acheteurs sont confrontés à de maigres récoltes et/ou des cours locaux élevés. La compétitivité des prix mondiaux du riz est à l’origine des augmentations régulières des importations à destination de certains pays d’Afrique, mais aussi d’Amérique latine et des Caraïbes, d’Europe et d’Amérique du Nord. Parmi les exportateurs, 2014 marque le retour de la Thaïlande parmi les principaux fournisseurs de riz. Le Brésil, le Guyana, le Pakistan, le Paraguay et l'Uruguay devraient également exporter davantage de riz en 2014. L’essentiel de ces augmentations devraient survenir au détriment des exportations de l'Inde, mais également de l'Australie, du Cambodge, de la Chine (continentale), de l'Union européenne et des États-Unis. Selon les estimations, les exportations du Viet Nam devraient se maintenir à des niveaux relativement bas.

Selon les prévisions de la FAO, le commerce mondial au cours de l’année civile 2015 devrait atteindre 40,5 millions de tonnes, soit une faible croissance de 0,6 pour cent par rapport aux dernières estimations pour 2014. Concernant la demande, l'expansion s’explique par la hausse prévue des importations à destination de divers pays d’Afrique et d’Amérique latine et des Caraïbes, qui ont souffert de mauvaises récoltes et/ou qui enregistrent une forte croissance de la consommation de riz. En revanche, les livraisons à destination de l’Amérique du Nord et de l’Europe devraient reculer, alors qu’elles pourraient se maintenir en Asie, à des niveaux élevés. Concernant les fournisseurs, la Thaïlande devrait dominer le marché, et ses exportations pourraient atteindre de nouveaux sommets. Le Cambodge, la Chine (continentale), le Guyana, le Myanmar, le Pakistan, le Paraguay et les États-Unis devraient également exporter davantage de riz, tandis qu’en raison de la forte concurrence actuelle, les exportations de l'Argentine, de l'Australie, du Brésil, et surtout de l'Inde, pourraient être entravées par des prix moins attrayants.

L'utilisation mondiale de riz en 2014/15 est actuellement estimée à 500,5 millions de tonnes (riz usiné), soit 200 000 tonnes de moins que ce qui avait été prévu en octobre, mais toujours 1,9 pour cent de plus que l'estimation pour 2013/14. L’alimentation humaine devrait représenter environ 83 pour cent de l'utilisation totale, soit 415,4 millions de tonnes, contre 14,5 millions de tonnes, ou 3 pour cent pour l’alimentation animale, tandis que les 70,6 millions de tonnes de riz restants (14 pour cent) concerneront les semences, les pertes post-récolte et les utilisations industrielles non alimentaires. La consommation alimentaire de riz par habitant devrait enregistrer une légère progression, de 57,3 kg en 2013/14 à 57,5 kg en 2014/15, malgré la hausse des prix de détail dans la plupart des régions par rapport à l'année dernière.

Pour la première fois depuis 10 ans, en 2014/15, l'utilisation mondiale de riz devrait être supérieure à la production et aboutir à un recul de 3,8 millions de tonnes des stocks mondiaux de report de riz en 2015, qui s’établiraient ainsi à 177,5 millions de tonnes. Les prélèvements sur les stocks devraient concerner principalement les pays exportateurs (l'Inde, le Myanmar et la Thaïlande), mais les stocks pourraient également diminuer dans certains pays importateurs importants comme l'Indonésie. Malgré cette baisse, les réserves mondiales resteront élevées, avec un rapport stocks mondiaux-utilisation estimé à 34,8 pour cent en 2014/15, soit un recul par rapport aux 36,2 pour cent de l’année précédente, mais un niveau suffisant pour couvrir plus de quatre mois de besoins.

Les cours internationaux du riz , qui ont connu une tendance à la baisse constante depuis septembre 2014 ont continué de fléchir en novembre. Des chutes particulièrement marquées ont été enregistrées dans le secteur des riz aromatiques, sous l’effet de perspectives de disponibilités abondantes dans un contexte de baisse de la demande d'importation. Les prix du riz Indica ont également subi une forte pression, en raison d’une faible demande d'importation et de l'arrivée sur le marché des nouvelles récoltes. Les cotations du riz de toutes les principales origines ont fléchi, en particulier celles de l'Inde, du Pakistan et du Viet Nam. Les prix ont également reculé en Thaïlande, bien que la baisse entamée en septembre soit inférieure à celle constatée dans les pays concurrents, car les prélèvements prudents sur les stocks publics ont permis de contenir la baisse.

SMR Décembre 2014

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