Suivi du marché du riz, Avril 2013
RÉSUMÉ
Les dernières estimations de la FAO concernant la production mondiale de riz en 2012 ont été relevées de près de 1 million de tonnes depuis le mois de janvier, en grande partie en raison de prévisions positives en Inde, au Myanmar et à Madagascar, et ce, en dépit des révisions à la baisse au Bangladesh, au Mali, au Pakistan, au Sri Lanka et en Thaïlande. La production mondiale devrait ainsi atteindre 731,2 millions de tonnes en 2012 (487,5 millions de tonnes en équivalent riz usiné), soit légèrement plus que le record atteint en 2011, dont l'estimation a également été révisée à la hausse de 3 millions de tonnes après la publication de nouveaux chiffres officiels. Alors que la campagne 2012 touche à sa fin, l'attention du marché se tourne vers la campagne 2013 de paddy, dont les semis ont commencé ou sont actuellement en cours dans les pays de l'hémisphère Nord. Dans l'hypothèse d'un retour à une situation météorologique plus normale, les premières prévisions de la FAO concernant la campagne 2013 font état d'une augmentation de la production, qui pourrait atteindre 746,7 millions de tonnes (497,7 millions de tonnes, riz usiné), soit environ 16 millions de tonnes (2,1 pour cent) de plus qu'en 2012.
Les performances relativement modestes de la production mondiale en 2012 reflètent les résultats de la campagne en Asie, où 662,9 millions de tonnes ont été récoltées, seulement 3,4 millions de tonnes de plus qu'en 2011. L'augmentation a été soutenue par des gains importants en Chine, en Indonésie, aux Philippines, en Thaïlande et au Viet Nam, qui ont plus que compensé les baisses de production en Inde, au Népal et au Pakistan, causées en grande partie par des conditions météorologiques défavorables. En supposant un retour à des conditions climatiques plus normales, la production asiatique pourrait progresser de 15 millions de tonnes en 2013, soit une hausse de 2,2 pour cent, et atteindre 677,5 millions de tonnes (451,7 millions de tonnes, riz usiné). À ce stade préliminaire, les prévisions tablent sur une croissance de la production dans presque tous les pays producteurs de la région, notamment des hausses de plus de 3 millions de tonne en Inde et en Indonésie. En Afrique, les estimations concernant la production en 2012 ont été révisées légèrement¬ à la hausse pour tenir compte des prévisions plus importantes que prévues à Madagascar. La production dans la région est maintenant estimée à 26,6 millions de tonnes, soit 5 pour cent de plus qu'en 2011. La plupart des gains proviennent d'Egypte, de Guinée, de Madagascar, du Mali et du Sénégal, alors que la production a baissé au Nigeria et en Tanzanie. En 2013, 27,7 millions de tonnes de paddy devraient être récoltées dans la région, soit 3,9 pour cent de plus qu'en 2012 ; les gains les plus importants, en valeur absolue, sont attendus en Egypte, au Mali, au Nigeria et en Tanzanie. Les perspectives sont par contre négatives pour Madagascar où les principales cultures de la campagne de 2013 sont déjà à un stade de croissance avancé. En Amérique latine et dans les Caraïbes, la production s'est contractée de près de 7 pour cent en 2012, à 27,3 millions de tonnes, en raison des conditions météorologiques et des réductions des semis dues au fléchissement des prix en Argentine, au Brésil, en Équateur et en Uruguay. Alors que la production dans la région pourrait connaître un léger rebond en 2013 et atteindre 27,7 millions de tonnes, les niveaux de production devraient rester bien en deçà du record enregistré en 2011. Dans les autres régions, la production en 2012 a progressé de 30 pour cent en Australie et de 8 pour cent aux États-Unis, mais elle a stagné dans l'UE. Les perspectives pour 2013 sont positives pour l'Australie, mais restent pessimistes pour les États-Unis et l'UE, en raison de perspectives de prix peu attractifs.

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La FAO a relevé ses estimations de janvier concernant le commerce international de riz en 2012 de 800 000 tonnes à 38,6 millions de tonnes (riz usiné) et celles concernant 2013 de 500 000 tonnes à 37,4 millions de tonnes. La révision à la hausse en 2013 s'explique principalement par des importations plus importantes que prévues de l'Indonésie, du Népal, du Nigeria et du Sénégal, et, du côté des exportations, par des livraisons plus importantes que prévues en provenance d'Inde et du Viet Nam. Par rapport à l'année dernière, les importations de la Chine, de l'Indonésie, du Nigeria et du Sénégal devraient enregistrer le plus fort recul, en termes absolus, tandis que les achats de la République de Corée pourraient bondir. L'essentiel de la contraction des échanges prévue en 2013 devrait être lié à une forte diminution des exportations de l'Inde, à un niveau qui devrait cependant permettre au pays de rester parmi les principaux fournisseurs, mais aussi du Brésil. Une partie de ces réductions devraient être comblées par une augmentation des exportations en provenance d'Egypte, de Thaïlande et des États-Unis.
L'utilisation mondiale de riz en 2012/13 devrait augmenter de 1,8 pour cent et s'établir à 478 millions de tonnes. La consommation alimentaire moyenne par habitant devrait ainsi atteindre 56,9 kg en 2012/13, soit 0,7 pour cent de plus que l'année précédente. Les prix à la consommation sont restés plutôt stables au cours des trois derniers mois. Toutefois, par rapport à l'an dernier, ils sont plus élevés dans plusieurs pays d'Asie, notamment en Inde et au Myanmar, alors qu'ils ont eu tendance à fléchir en Afrique de l'Est.
Les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de report de riz à la clôture des campagnes se terminant en 2013 ont été révisées à la hausse depuis la dernière édition du SMR pour s'établir à 171,8 millions de tonnes. À ce niveau, les stocks devraient être supérieurs de 6 pour cent à leur niveau d'ouverture, et le rapport stocks mondiaux-utilisation passerait de 33,9 pour cent en 2012 à 34,9 pour cent cette année. Les estimations de janvier concernant les stocks de report dans les cinq principaux pays exportateurs de riz (Inde, Pakistan, Thaïlande, Etats-Unis et Viet Nam) pour la campagne 2013 ont été révisées à la baisse, en raison d'une mauvaise récolte secondaire prévue en Thaïlande. Par rapport à 2012, les stocks détenus par l'ensemble des 5 pays à la clôture de la campagne devraient néanmoins progresser de 4 pour cent, et entrainer une hausse du rapport stocks des principaux exportateurs-utilisation totale de 25,2 pour cent en 2012 à 25,7 pour cent en 2013.
Les cours mondiaux du riz sont restés stables au cours des quatre derniers mois. L'indice FAO des prix du riz (2002-04 = 100) s'est établi en moyenne à 240 points en avril 2013, identique à la valeur révisée de janvier. Parmi les différentes qualités et types, les prix des variétés de riz parfumés étaient supérieurs de 7 pour cent à ceux de janvier, en raison d'un resserrement de l'offre parallèlement au fort intérêt des acheteurs. Cette situation contraste avec un fléchissement continu des prix du riz Japonica, qui s'explique par une concurrence accrue entre les fournisseurs. Les prix des autres variétés de riz ont été plus stables : depuis janvier l'indice des prix du riz Indica de qualité inférieure a gagné 1 point, tandis que celui du riz Indica de qualité supérieure en a perdu 2. Géographiquement, depuis janvier les cours ont fléchi en Thaïlande, à l'arrivée de la nouvelle récolte, en dépit de la poursuite des achats publics dans le cadre du programme de prix garantis. L'abondance des stocks publics détenus en Thaïlande a également pesé sur le climat du marché, incitant le Viet Nam, concurrent voisin, à abaisser ses propres prix, en prévision d'un possible déchargement de grandes quantités de riz thaïlandais sur les marchés mondiaux. En revanche, les prix ont eu tendance à se renforcer en Inde et au Pakistan, en particulier pour le riz Basmati, mais aussi pour les variétés non-parfumées. Le resserrement de l'offre a également soutenu les cours des variétés à grain long aux États-Unis et en Amérique du Sud. Au cours des prochains mois, le marché devrait suivre avec attention les décisions du gouvernement thaïlandais concernant la libération possible des stocks, mais il devrait également être attentif à l'Inde, où l'élargissement du réseau de distribution de riz, pourrait avoir un impact sur les disponibilités à l'exportation ainsi que sur les prix.

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