Ken Lohento
| Organization | Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation ACP-EU (CTA) |
|---|---|
| Organization type | International Organization |
| Country | Netherlands (Kingdom of the) |
ICT for Dev Programme Coordinator at CTA since 2009. More than 15 years of experience in ICT policies and uses for development in Africa and at the international level. National of Benin Republic. More http://www.linkedin.com/in/lohento
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Forum Forum : « Genre, TIC et moyens de subsistance en milieu rural » Mai, 2011
Question 2 - lundi 16 mai
Submitted by Ken Lohento on Thu, 05/19/2011 - 19:30
Bonsoir
Je voudrais aussi revenir sur le problème de la documentation anecdotique des résultats des projets. En réalité, les organisations qui reçoivent les financements pour un projet, au-delà de la volonté de parler ou non de leurs résultats s’ils sont mitigés, n’ont pas souvent toutes les capacités internes nécessaires pour bien documenter leurs activités. C’est peut-être aussi ce que voulait signifier Josua ("chacun évolue dans son coin et se débrouille comme il peut"). Parfois elles sont beaucoup plus préoccupées par la mise en œuvre de l’activité. Même lorsque les financements incluent une évaluation, il me semble que, dans beaucoup de cas, des évaluations sérieuses, avec des méthodologies appropriées, se ne conçoivent et ne se budgétisent pas au départ.
Parfois c’est juste une ligne qu’on prévoit pour répondre à la norme actuelle. D’un autre côté, je ne suis pas certain, qu’au niveau des organisations appuyant financièrement les projets, on fasse toujours bien attention à la méthodologie proposée pour l’évaluation. Parfois on se limite à un minimum pour l’évaluation afin que le budget total ne soit pas trop élevé ; parfois, de part et d’autre, on est un peu pressé de boucler le dossier. Ainsi peut avoir comme résultat la situation décrite par Ramata. Sans doute qu’il est nécessaire que bailleurs et bénéficiaires revoient un peu leurs modes d’intervention.
Un partie de la solution, est de mon point de vue, qu’on devrait vraiment davantage impliquer les étudiants qui font leurs mémoires (même parfois au niveau bachelor/licence) dans l’analyse des actions réalisées par les organisations. Souvent ils n’ont pas besoin, ou pas besoin de beaucoup d’appui financier pour cela. Et ça peut être bénéfique à la fois pour tous (bailleur, étudiant, organisation bénéficiaire du financement).
Cordialement
Ken Lohento
Submitted by Ken Lohento on Tue, 05/17/2011 - 19:57
Bonjour En dehors des facteurs d’échecs identifiés par « Magic » et Gaston dans leurs interventions, je voudrais rappeler un autre qui avait été évoqué la semaine passée, qui est la culture patriarcale de la plupart des sociétés africaines en particulier (pour donner cet exemple). Cela fait par exemple que les opportunités technologies ou économiques sont d’abord suggérées spontanément aux hommes, surtout en milieu rural. En outre, si des infrastructures collectives TIC sont déployées dans un environnement dans lequel les femmes ne se sentent pas confortables (comme un cycercentre où la consultation de sites pornographiques s’expose publiquement), ces dernières ne vont pas les fréquenter. Concernant les succès et échecs aussi : J’aimerais souligner un point qui n’est pas propre qu’aux projets/actions traitant du genre. Les succès tout comme les échecs sont peu documentés dans les projets de développement. La documentation des succès se limite souvent à la narration d’anecdotes ou de synthèses peu précises, qu’on retrouve dans les rapports faits aux bailleurs de fonds ou dans les articles promotionnels. Ces synthèses ou anecdotes, bien que peu précis, sont souvent présentés comme des cas généraux. Je crois qu’on a besoin davantage d’étudier les projets qui sont mis en œuvre, études menées si nécessaire par des personnes non impliquées dans le projet en question, afin d’avoir le recul et l’impartialité nécessaire. Les étudiants devraient par exemple être davantage motivés et sensibilisés à étudier les projets mis en œuvre dans le cadre de leurs mémoires. L’ensemble des processus mis en œuvre dans le cadre de l’action, les rôles des différentes personnes/institution ayant apporté un appui ou un autre, les conditions de ces contributions, doivent être mis en lumière. Ceci est nécessaire pour qu’on puisse vraiment mieux comprendre dans quelle mesure un succès peut être répliqué/adapté dans un autre contexte. Enfin, les échecs devraient être également moins systématiquement condamnés. Ces "condamnations" systématiques, induisant parfois l’arrêt du financement par un partenaire, amène les porteurs de projets à ne pas parler de/valoriser leurs « échecs » (autant que possible). Ce concept devrait être relativisé lorsqu’on parle de projet de développement communautaire; et être considéré au cas par cas. Parfois un projet peut « échouer », mais peut avoir produit du renforcement de capacités locales, qui peut être utile à d’autres projets. Peut-être qu’il convient mieux d’utiliser plus systématiquement le terme de « défis »/ « challenges » Cela étant dit, il serait très utile qu’on partage d’avantage les informations sur ce que nous connaissons de succès ou de "challenges" pour ces types de projets. Je m’arrête là pour l’instant. Cordialement, Ken Lohento