Initiative Empreinte Carbone et Eau (CWF)

Exemple de tableau de résultats de l’outil CWF présentant l’empreinte carbone d’une entreprise
L’Union européenne a récemment adopté la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD) ainsi que le projet d’exigences de déclaration de la directive sur la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD). Ces réglementations obligeront les entreprises opérant en Europe à divulguer des informations sur les droits humains et les impacts environnementaux de leurs chaînes de valeur, y compris les émissions de gaz à effet de serre de type 3. Parallèlement, des cadres réglementaires similaires sont en cours d’élaboration dans d’autres marchés clés, notamment au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord ainsi qu’en Chine.
En réponse à ces nouvelles exigences réglementaires, le Secrétariat du Forum mondial de la banane (FMB) a lancé l’initiative sur l’Empreinte Carbone et Eau (CWF) et mis au point un outil d’évaluation environnementale complet et rigoureusement validé, conçu spécifiquement pour l’industrie bananière. Depuis 2017, le Forum mondial de la banane a accompagné près de 400 producteurs de bananes (environ 25 000 hectares) dans 9 pays pour mesurer, déclarer et réduire leurs empreintes carbone et eau.
L’outil CWF du FMB propose une approche standardisée pour mesurer, suivre et vérifier ces empreintes, avec un haut niveau de précision et de comparabilité entre les exploitations. Il intègre des méthodologies de référence alignées sur des protocoles internationalement reconnus, notamment le Protocole de GES ainsi que les normes ISO 14064 et ISO 14046. Grâce à ses capacités avancées d’analyse de données et à ses fonctionnalités automatisées de reporting, l'outil assure transparence et cohérence dans la communication des impacts environnementaux, s’imposant ainsi comme la solution de référence pour les producteurs et exportateurs de bananes.
Grâce à une méthodologie harmonisée et un outil validé par et pour l’industrie bananière, le FMB et la FAO proposent une solution accessible et régulièrement actualisée, conforme à l’évolution des exigences réglementaires et contribuant à renforcer la durabilité environnementale ainsi que l’efficacité des ressources dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de la banane.

Panel de discussion sur la durabilité de la chaîne de valeur mondiale de la banane lors de la quatrième conférence globale du Forum mondial de la banane (mars 2024)
Xavier Roussel (Dole Food Company), Iris Mungia (COLSIBA), Leonard Mizzi (Commission européenne – DG INPA), Lieven De La Marche (Représentation permanente de la Belgique auprès de la FAO, du PAM et du FIDA), Ricardo Palacios (Ministère de l'Agriculture de l'Équateur), Médi Moungui (Représentation permanente du Cameroun auprès de la FAO, du PAM et du FIDA), Patrick Belser (Organisation internationale du travail – OIT) et Marike de Peña (CLAC).
L'objectif
L’objectif de l’initiative sur l’empreinte carbone et eau (CWF) est d’optimiser l’utilisation des ressources et de l’eau, de réduire les émissions de GES et d’accroître l’efficacité dans la filière bananière. En proposant un outil standardisé et régulièrement actualisé pour l’évaluation des impacts environnementaux, l’initiative soutient les producteurs dans l’adoption de pratiques durables, la conformité à des normes environnementales en évolution constante, la communication des actions climatiques aux parties prenantes et la prise de décisions fondée sur les données, afin de renforcer la durabilité à long terme des chaînes d’approvisionnement mondiales de la banane.

Chronologie du développement de l’outil CWF
Différentes phases de l’initiative sur l’empreinte carbone et eau (CWF)
Phase I (2017): Élaboration d’un guide méthodologique pour mesurer et réduire les empreintes carbone et eau, avec un premier projet pilote au Costa Rica. Le guide a été publié en anglais et en espagnol en 2018.
Phase II (2020): Création d’un outil automatisé basé sur le cloud, développé à partir du guide méthodologique, afin de faciliter l’évaluation des empreintes. Cette phase comprenait des sessions de formation et de validation en partenariat avec des associations de producteurs en Équateur, Colombie, Costa Rica et Guatemala.
Phase III (2022): Renforcement de la portée et de la précision de l’outi , avec l’intégration de nouveaux indicateurs et fonctionnalités. Les sessions de formation et de validation ont été élargies aux associations de producteurs et aux entreprises en Colombie, Costa Rica, République dominicaine, Équateur, Guatemala, Panama et Brésil.
Phase IV (2024 - 2025): Refonte complète de l’architecture du logiciel et développement de nouveaux modules élargissant le champ d’application de l’outil afin d’intégrer les émissions de portée 3, notamment celles liées à la fabrication des intrants, au transport maritime, au stockage, aux opérations de maturation ainsi qu’au transport terrestre dans le pays de destination. Cette phase marque une transition d’une approche organisationnelle vers une estimation de l’empreinte partielle, conformément aux normes et lignes directrices internationales les plus récentes.De vastes bases de données sur les engrais commerciaux, les pesticides et d’autres intrants clés ont été intégrées pour permettre le calcul automatique des émissions liées à la fabrication, des impacts sur l’eau et des émissions au niveau des parcelles.
Cette nouvelle phase a également apporté des affichages de résultats plus intuitifs, une génération de rapports améliorée, un calcul de l’empreinte eau plus précis intégrant les indicateurs d’eau bleue et d’eau verte, ainsi qu’un ensemble d’autres améliorations significatives.

