Statistiques
 

Méthodologie

En 1996, le Sommet mondial de l'alimentation (SMA)  nous appelait à réduire de moitié, d'ici 2015, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation. En 2000, l'importance de la lutte contre la faim et de la réduction de la pauvreté était consacrée dans la Déclaration du Millénaire, dans laquelle a été défini l'OMD «réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la part de la population souffrant de la faim» (cible 1C).

Suivi des progrès
Pour suivre les progrès accomplis dans la réalisation de l'objectif fixé par le SMA et de l'OMD no 1, la FAO fait régulièrement le point sur le nombre de personnes et la part de la population n'atteignant pas le niveau minimal d'apport calorique (indicateur 1.9 des OMD). Ces estimations, établies aux niveaux mondial et régional ainsi qu'au niveau des pays, sont présentées chaque année dans L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde.

Cadre méthodologique
La FAO définit la sous-alimentation comme «l'état [prolongé] dans lequel se trouve une personne qui ne parvient pas à se procurer assez de nourriture», et la prévalence de la sous alimentation comme la probabilité de constater qu'une personne choisie au hasard dans une population est sous-alimentée. L'adéquation des apports est évaluée par rapport à des données de référence – les besoins énergétiques alimentaires – définies par des nutritionnistes.

Bien qu'il soit impossible d'évaluer avec précision les besoins énergétiques alimentaires individuels, il est possible de les déduire au niveau de la population en recourant aux probabilités. En fait, le cadre méthodologique que la FAO utilise pour estimer la prévalence de la sous-alimentation renvoie aux deux éléments ci-après:

i) la distribution de probabilité des niveaux possibles de l'apport énergétique alimentaire, individuel, habituel et annuel, d'un individu représentatif dans une population; ii) un seuil critique d'adéquation des apports (besoins énergétiques alimentaires minimaux) pertinent pour cette population.

En 2011-2012, on a procédé à un réexamen attentif de la méthode suivie par la FAO pour évaluer la prévalence de la sous-alimentation, afin de trouver le meilleur modèle pour décrire l'apport énergétique alimentaire habituel dans la population et d'améliorer l'estimation de ses paramètres. Les estimations publiées dans L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde 2012 sont le fruit de cette révision.

Paramètres et révisions
• Depuis 1996 (SMA), on partait du principe que la distribution de l'apport énergétique alimentaire dans la population était log-normale. Un des principaux changements méthodologiques apportés par la FAO en 2012 a été l'adoption d'une distribution normale asymétrique, définie par trois paramètres: la moyenne, le coefficient de variation et le coefficient d'asymétrie. La distribution normale asymétrique, plus flexible que le modèle log-normal, rend mieux compte des modifications du degré d'asymétrie associées aux changements survenant dans la consommation alimentaire.

• La moyenne de la distribution est donnée par la disponibilité énergétique alimentaire (DEA) et est tirée des bilans alimentaires, que la FAO établit régulièrement et qui sont disponibles pour pratiquement tous les pays. En 2012, la Division de la statistique a publié de nouvelles estimations de la DEA et a révisé les séries historiques antérieures.

• Le coefficient de variation et le coefficient d'asymétrie sont tirés des enquêtes nationales menées auprès des ménages, qui ont permis la collecte de données sur la consommation et l'acquisition des aliments et sur les revenus. Cette année, grâce à une collaboration entre la FAO et des bureaux nationaux de statistiques, la Division de la statistique a actualisé les coefficients de variation et a estimé le coefficient d'asymétrie des distributions des données sur la consommation alimentaire. Une cinquantaine d'enquêtes ont été traitées au Siège de la FAO et de nouveaux paramètres ont été obtenus pour une quarantaine de pays qui, ensemble, abritent pratiquement 70 pour cent des personnes souffrant de sous-alimentation dans le monde en développement.

• Le seuil critique d'adéquation des apports est estimé au regard des normes définies par la Consultation d'experts FAO/OMS/UNU de 2001. Pour éviter autant que possible de surestimer la sous-alimentation, la FAO utilise, dans sa méthode, le seuil inférieur de la tranche de valeurs compatibles avec une alimentation adéquate (c'est-à-dire le poids le plus bas acceptable pour une taille donnée, et une activité physique légère). On obtient le seuil critique pour une population en agrégeant les besoins énergétiques alimentaires minimaux des différents groupes d'âge des deux sexes en utilisant, comme coefficient de pondération, la distribution de la population dans ces différents groupes. Puisque cette distribution évolue au fil du temps, on actualise le seuil critique chaque année, de façon à traduire les changements survenus dans la structure démographique de la population. On a utilisé en 2012 de nouvelles données sur la taille des individus, ainsi que de nouvelles données – considérablement révisées – sur la taille (nombre d'habitants) et la structure de la population; données tirées de la dernière révision des estimations de la population mondiale (ONU, 2010).

• On a par ailleurs utilisé pour la première fois cette année les pertes de produits alimentaires survenant au niveau de la vente au détail. Les valeurs par pays concernant la perte de calories moyenne par habitant ont été estimées compte tenu des données fournies par une étude que la FAO a récemment consacrée aux pertes de produits alimentaires survenant à différents stades des chaînes de produits.