Des principes à la pratique

Les gouvernements doivent adopter des mesures à l’échelle nationale afin de créer un environnement propice qui permette à la population d'accéder à l’alimentation dans le plein respect de la dignité humaine, et mettre en place des filets de sécurité appropriés pour ceux qui ne sont pas en mesure d’y accéder. La société civile doit participer à l'effort des gouvernements pour progresser vers la réalisation du droit à l'alimentation et renforcer la capacité des détenteurs des droits tout autant que des porteurs d'obligations.

Sept étapes pratiques

Les directives sur le droit à l'alimentation prévoient sept étapes et les modalités pratiques de mise en œuvre des principes des droits humains. La recommandation est que ces sept principes des droits humains soient appliqués dans tous les domaines associés à l'alimentation et l'agriculture.

L'équipe du droit à l'alimentation recommande au gouvernement d'adopter ces sept étapes pratiques. Les étapes sont présentées dans la séquence suivante, mais naturellement, de nombreux pays ont déjà, dans les faits, entrepris de mettre en œuvre certaines de ces étapes, si pas toutes.

L'approche en sept étapes de mise en œuvre est la suivante: 

  1. Identification des personnes souffrant de la faim et des pauvres dont le droit à une alimentation n'est pas une réalité
  2. Évaluation détaillée des politiques, institutions, lois et programmes existants
  3. Mise au point de stratégies de sécurité alimentaire fondées sur les droits visant à la création d'un environnement propice et à l'adoption de mesures d'assistance
  4. Amélioration de la coordination et du fonctionnement des institutions (affectation de rôles et de responsabilités)
  5. Révision et renforcement du cadre juridique
  6. Superviser la réalisation progressive du droit à l'alimentation 
  7. Garantir la possibilité d'un recours efficace en cas de violations du droit à l’alimentation


Les sept étapes en question visent surtout les gouvernements. La société civile et les ONG doivent également jouer un rôle actif, en particulier en ce qui concerne la sensibilisation et l'information. Pour garantir la réalisation de ces étapes, il faut penser au développement des capacités des différents acteurs, notamment les membres des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire de l'État, des nutritionnistes, des agronomes, des avocats, des professionnels concernés par la sécurité alimentaire, ainsi que la société civile et des personnes à titre individuel.

Renforcement des capacités: Un moteur de changement 

Le renforcement des capacités est considéré comme un facteur essentiel pour toutes les parties prenantes car il peut déterminer la réalisation du droit à alimentation. Des fonctionnaires gouvernementaux ayant reçu une formation pourront mieux comprendre leur propre rôle dans la mise en œuvre du droit à l'alimentation ainsi que leurs obligations. Si le grand public comprend mieux la question des droits humains en général et du droit à l'alimentation particuliers, les individus et les communautés seront plus enclins à participer à la prise de décision relative à leur situation de sécurité alimentaire. C'est pourquoi le renforcement des capacités peut être décrit comme un moteur de changement. 

Le renforcement des capacités à l'échelon individuel peut se traduire par des changements en termes de compétences, de comportements et d’attitudes dans une large gamme d'acteurs du secteur de l'agriculture et du développement rural. La formation, le partage de connaissances, le partenariat et le travail en réseau sont différentes façons de renforcer les capacités à l'échelon individuel. Le renforcement des capacités au niveau des organisations, des institutions, des gouvernements et des états peut se traduire par une amélioration du fonctionnement global et des résultats qui a une incidence directe sur la façon dont les individus qui appartiennent à ces organisations développent leurs compétences et mettent en pratique leurs capacités.

Cependant, de nombreux autres facteurs peuvent influencer le renforcement des capacités et les possibilités de changement. L'engagement et la vision politiques, l'action, le cadre juridique et économique, les postes et les processus budgétaires, la gouvernance et les structures du pouvoir, les normes sociales et la culture sont autant de facteurs qui peuvent avoir une incidence sur la réalisation du droit à l'alimentation.  

 

 

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