18.06.2012

Le droit à une alimentation adéquate et les cadres stratégiques mondiaux: un moment opportun

Nous sommes heureux d’annoncer que la FAO, conjointement avec l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève, a publié «The right to food and global strategic frameworks: The Global Strategic Framework for Food Security and Nutrition (GSF) and the UN Comprehensive Framework for Action (CFA)».

À titre d’élément fondamental du Comité de la sécurité alimentaire mondiale renouvelé (CSA), le Cadre Stratégique Mondial (CSM) est un outil stratégique crucial afin de réaliser la vision du CSA pour « ... un monde libéré de la faim dans lequel les pays mettent en œuvre les directives volontaires à l’appui de la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale ». En ce qui a trait au Cadre Global d’Action Actualisé (CGA/CFA), visant à faire part de mesures et de solutions à mettre en œuvre pour répondre à la crise alimentaire mondiale, il offre une plateforme afin de mener à terme la recommandation du Secrétaire général quant à l’ajout du droit à l’alimentation en tant que troisième composante, en plus de l’aide alimentaire et de la sécurité alimentaire, dans la réponse à la crise mondial.

En lien avec les avancées récentes, cette étude vise à fournir des recommandations quant à la manière dont le droit à une alimentation adéquate peut être intégré au sein des cadres stratégiques. En tant qu’outil analytique et pragmatique, l’étude est divisée en quatre sections principales : l’évolution du droit à une alimentation adéquate et de l’approche basée sur les droits humains pour la lutte contre la faim; une introduction aux CGA et CSM; quelques pistes afin d’introduire le droit à une alimentation adéquate au sein du CGA; et des avenues visant à inclure le droit à une alimentation adéquate dans le CSM. Bien que le CGA soit déjà adopté, le CSM est présentement discuté, offrant ainsi une possibilité d’accroître l’inclusion du droit à une alimentation adéquate, tel que présenté dans l’étude.

Dans la dernière partie de l’étude, deux groupes de recommandations sont présentés pour le CSM. En premier lieu, l’intention est de présenter des façons d’améliorer les versions subséquentes du cadre stratégique. Ainsi, il est notamment recommandé de solidifier l’importance accordée au droit à l’alimentation au sein de la première version, particulièrement puisque les Directives Volontaires sur le droit à l’alimentation y sont centrales; d’inclure les principes de droits humains sur la participation, la reddition de compte, la non-discrimination, la transparence, la dignité humaine, l’autonomisation et la règle de droit (PANTHER); d’identifier clairement les responsabilités de toutes les parties prenantes quant à la mise en œuvre et au suivi; et de veiller à l’application des indicateurs communs et fournir un prompt accès à la justice pour les victimes de violations. 

En second lieu, les recommandations visent à inclure le droit à l’alimentation au sein de la mise en œuvre du CSM notamment en argumentant pour une forte promotion d’une approche basée sur le droit à l’alimentation ainsi que le suivi des principes PANTHER dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et programmes sur la sécurité alimentaire et la nutrition; un appui aux campagnes de sensibilisation, à l’autonomisation des individus à réclamer leur droit à l’alimentation et à la promotion de l’équité des genres.

En somme, bien que l’adoption du CSM représentera une merveilleuse opportunité de convaincre les états et les autres parties prenantes de voir à l’amélioration de la mise en œuvre des Directives sur le droit à l’alimentation ainsi que des stratégies pour la sécurité alimentaire et la nutrition axées sur l’approche basée sur le droit à l’alimentation, cette étude nous rappelle l’importance de saisir une telle opportunité. En effet, ces mesures aideront à diminuer l’insécurité alimentaire et la malnutrition dans le monde, en assurant que le droit à l’alimentation sera l’objectif central des politiques et programmes sur la sécurité alimentaire, que les principes de droits humains guideront l’élaboration et la mise en œuvre de ces politiques et programmes, et que les individus bénéficieront d’une plus grande autonomie afin d’exiger leur droit à une alimentation adéquate alors que les autorités gouvernementales seront plus aptes à remplir leurs obligations.  

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