Dans le cadre d’une analyse de politiques d’un point de vue du droit à l’alimentation et de la bonne gouvernance, il convient de tenir compte de quatre éléments clés de façon à intégrer pleinement le droit à l’alimentation dans l’élaboration de politiques nationales et régionales en matière de sécurité alimentaire et de nutrition.
les quatre points énumérés ci-après serveur de listes de vérification dans l'analyse des documents et des déclarations de politique afin de déterminer si ceux-ci sont bien orientés vers la protection et la réalisation du droit à l'alimentation et de tous les droits humains, et s'ils sont conformes aux pratiques de bonne gouvernance :
- Détection des groupes vulnérables et en insécurité alimentaire, description de leurs activités et stratégies des moyens d’existence et réalisation d’une analyse de causalité pour chaque groupe de façon à comprendre les raisons pour lesquelles ces groupes sont victimes de l'insécurité alimentaire et/ou s'ils sont vulnérables à la sécurité alimentaire et à la malnutrition.
- Les priorités en matière de politique, les stratégies de mise en œuvre des politiques, ainsi que les actions spécifiques sont ciblées sur les groupes vivant dans l’insécurité alimentaire et les groupes vulnérables et s'attaquent aux multiples causes sous-jacentes de la sécurité alimentaire et de la malnutrition dans chaque groupe.
- Établissement d’objectifs de sécurité alimentaire et de nutrition ainsi que des buts et des niveaux de référence assortis de délais ; la protection et la réalisation du droit à l'alimentation parmi les groupes vivant en insécurité alimentaire, mal nourris et vulnérables font partie des objectifs globaux de politique.
- Les principes de mise en œuvre des politiques sont énoncés de façon explicite dans la politique et reflètent un engagement catégorique de respecter et de protéger les droits humains de tout un chacun, ainsi que d'appliquer les pratiques de bonne gouvernance dans la mise en œuvre des politiques.
Plusieurs éléments de cette liste de vérification concernent la responsabilité. En premier lieu, la déclaration de politique en soi, et les objectifs et les priorités qui y sont établis, constituent l'engagement pris par le gouvernement de réduire l'insécurité alimentaire et la malnutrition. Cet engagement peut être encore mieux quantifié quand la politique prévoit des objectifs et des niveaux de référence assortis de délais qui permettent de mesurer les progrès réels dans le temps. Les objectifs et les cibles doivent être spécifiques, mesurables, réalisables, pertinents et limités dans le temps (SMART). En deuxième lieu, le gouvernement peut être tenu responsable lorsque les principes et les stratégies de mise en œuvre de la politique n'obéissent pas à l'approche des droits humains, et en particulier quand ceci se traduit par des violations des droits humains.