Mécanisme pour la restauration des forêts et des paysages

République de Guinée

La République de Guinée dispose d’un vaste réseau hydrographique qui lui vaut d’être qualifiée de « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ». Le point de partage des eaux entre les principaux bassins versants à l’échelle régionale se trouve dans le massif montagneux du Fouta Djalon, situé en Moyenne Guinée. La Guinée abrite la source de plusieurs grands fleuves traversant les pays du Sahel, comme par exemple le fleuve Sénégal dans le massif du Fouta Djallon ou le fleuve Niger qui prend sa source en Haute Guinée et traverse ensuite le Mali, le Niger, le Bénin et le Nigéria. La Guinée compte par ailleurs 16 sites Ramsar, retenus pour leurs fonctions hydrologiques, et quatre Réserves de Biosphère, qui abritent une grande diversité d’espèces et sont, à ce titre, d’importance mondiale pour la biodiversité.

La crise sanitaire d’Ebola (2014-2016) a provoqué une instabilité économique dans ce pays déjà pauvre et celle-ci a à son tour affecté l’accès de la population à l’alimentation. L’agriculture, qui occupe 85% des actifs, est l’un des piliers économiques du pays. Elle s’articule autour des cultures vivrières (riz, arachide, oignons, etc.), des cultures commerciales d’exportation (café, coton, cacao, huile de palme, etc.) et de l’élevage. Il est estimé qu’en 2018, 183 000 ha de couvert arboré a été détruit (Global Forest Watch). Les pratiques agro-sylvo-pastorales non durables (cultures itinérantes, agriculture sur brûlis, exploitation forestière illégale notamment pour le bois de feu, surpâturage, etc.) couplées aux activités minières en sont les principales causes. La biomasse-énergie (principalement constituée de charbon de bois et de bois de chauffe) représente la principale source d’énergie pour 85% de la population guinéenne.

Afin de lutter contre la déforestation et de restaurer les terres dégradées, le pays a pris des engagements forts au niveau national (par exemple augmentation de la surface forestière de 28% à horizon 2020 (PNDES 2016-2020) et international, notamment dans le cadre du Défi de Bonn et de l’Initiative Africaine pour la Restauration (AFR100).

RÉSULTATS ATTENDUS

Afin de réunir les conditions préalables aux actions locales qui permettront l’atteinte de ses engagements pour la Restauration des Forêts et des Paysages (RFP), la Guinée a initié une collaboration avec la FAO dans le cadre d’un Projet de Coopération Technique axé sur:

  • La création d’un cadre multi-acteurs et intersectoriel facilitant la mise à l’échelle de la restauration et la gestion durable des forêts et des paysages, via le renforcement des capacités, l’évaluation des politiques et la facilitation du dialogue multi-acteurs.
  • La mobilisation de partenaires et de ressources financières, à travers notamment la préparation de projets permettant la mise à l’échelle des actions de RFP.
  • Le renforcement des connaissances sur le potentiel en RFP des sites notamment par la mise en œuvre de processus d’évaluation des opportunités de restauration dans la zone pilote de Faranah (Haute Guinée).

EFFETS

Ce partenariat technique jette les bases pour la mise à l’échelle des actions de RPF à travers le pays, notamment dans le cadre d’actions directement supportées par la FAO. Cet appui de la FAO a d’ores et déjà permis à la Guinée d’être sélectionnée (en mars 2020) dans le Programme d’Impact du FEM sur les Systèmes Alimentaires, les Usages des Terres et la Restauration (FOLUR) pour un montant total de plus de 10 million d’USD. Ce projet du FEM permettra de passer à l’échelle et d’apporter des appuis significatifs auxautorités guinéennes à partir de 2021 pour promouvoir des systèmes alimentaires et des moyens de subsistances durables dans les paysages dégradés de Guinée Forestière et de Haute Guinée.